Mr MAJESTYK

Gros sur la pastèque

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« Marty. Y’know what we got here ? Motherfuckin’ Charlie Bronson. Mr. Majestyk. »

Gary Oldman in « True Romance », Tony Scott, 1993.

Il était une fois Charles Buchinsky, un type sorti de la mine, une ex-gueule noire comme on en trouve dans les romans d’Elmore Leonard. On ne l’a pas toujours croisé du bon côté de la loi sur les écrans, sans doute à cause de mauvaises fréquentations dans les wild bunch de « Vera Cruz » ou lorsqu’il se vit « Mitraillette Kelly », sans foi ni loi aux ordres de Roger Corman. Mais en devenant Bronson, il changea son fusil d’épaule, sortit l’harmonica vengeur, devint noble mercenaire au service de l’opprimé avant de se rédimer en salopard germanophone au sein de la « Dirty Dozen ». A l’orée des seventies, en cette période post-hippie entachée par le Vietnam, il lui fallait sortir du rang, devenir loup solitaire, gardien d’un ordre défendu par quelque inspecteur acrimonieux. Avant même qu’il ne songe à jouer les vigilantes urbains dans un fameux film de Mike Winner, le producteur Walter Mirisch lui proposa, au pied levé, d’être celui qui remplacerait Steve McQueen à l’affiche de son nouveau film. C’est ainsi que Bronson accepta de devenir « Mr. Majestyk », sous la direction de l’excellent Richard Fleischer. Lire la suite

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The THIRD MURDER

L’aveu

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« Si blanc que soit ce champ,
si pur que soit un être,
nous agissons toujours comme dans l’obscurité :
à tâtons. Où se trouve la vérité ?
La neige tombe et tourbillonne. »

Livre des Nô, Steinilber-Oberlin et Kuni Matsuo, 1929.

La nuit. Misumi entraîne son patron sur les berges isolées du fleuve Tama, le frappe violemment à la tête avec une clef anglaise jusqu’à ce que mort s’ensuive. Puis, il brûle son corps à même le sol. Sur son visage se dessine la grimace d’un homme en colère. Sur sa joue, une éclaboussure de sang le marque du fer de la récidive. Les preuves sont là, sous nos yeux : « The Third Murder », et c’est la peine capitale que lui promet le réalisateur à la Palme d’Or, Hirokazu Kore-eda. Mais de l’assurance à la circonspection, il est un chemin qu’il nous invite à rebrousser. Lire la suite

BLACKkKLANSMAN

General Lee

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« Cela dit, l’avenir n’est pas très brillant. Il y a de plus en plus de répression et de brutalités à l’égard des Noirs. Le Klu Klux Klan se réorganise, assassine des gens, gagne des élections, fait élire ses membres, sans que les deux grands partis fassent quoi que ce soit pour l’arrêter. »

Larry Clark, propos recueillis par Jeanine Euvrard, in Cinema Action : le cinéma Noir américain, 1988.

On croirait à un gag. Et pourtant l’histoire de Ron Stallworth, le flic Noir qui a infiltré le Klu Klux Klan, est authentique. Spike Lee ne manque pas de le rappeler avec insistance après que ce soient inscrites en lettres majuscules le titre de son adaptation du « Blackkklansman ». Back to the seventies, cols pelle à tarte et coupe afro pour un revival grinçant qui vire au brulot politique directement adressé à ce Public Enemy qui a mis la main sur le bureau ovale. Lire la suite

Au POSTE !

Garde à l’œil

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– C’est qu’est-ce que j’ai dit sur vous qui compte Graham.
– C’est ce que tout le monde croye en ville. Mais moi je vais vous faire montrer que qu’est-ce que je dis c’est qu’est-ce qui faut retiendre…

C’est pas ce que vous croivez, Kad & O.

Que fait la police ? Eh bien elle s’interroge, elle questionne, elle veut connaître la « réalité » des faits. C’est sans doute ce que veut nous laisser croire Quentin Dupieux qui, de retour des United States, file directement « Au poste ! » pour son septième forfait. Lire la suite

3 BILLBOARDS, les panneaux de la vengeance

Missouri burning

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« On doit équitablement supporter la faute qui consiste à survivre à ceux qu’on aime. Survivre est un acte dont nous nous rendons coupables envers eux. Les fantaisies de la mort ne peuvent être plus étranges que les fantaisies de la vie. Survivre est peut-être la plus étrange de toutes. »

Eudora Welty, la fille de l’optimiste, 1969.

Les mots sont écrits en grosses lettres capitales, en noir sur rouge : « violée pendant son agonie, et toujours aucune arrestation, comment cela se fait-il, chef Willoughby ? » Curieuse publicité que cette apostrophe affichée au vu et au su des braves gens des environs de Ebbing, Missouri sur les « 3 billboards » saisis par le regard acéré d’un Britannique de passage nommé Martin MacDonagh. Lire la suite

Inherent Vice

Docteur Strange Love

INHERENT VICE

« Je crois que je vais entasser mes affaires et acheter un pick-up
Descendre jusqu’à L. A.
Trouver un endroit qui soit chez moi et essayer de me remettre.
Commencer une toute nouvelle journée. »

Neil Young, out on the weekend, in « Harvest », 1972

Décidément peu adepte des modes de son temps, Paul Thomas Anderson s’autorise parfois un trip vers le passé, une taffe revigorante dans les glorieuses seventies, hippies et enfumées. Dix-sept ans après avoir narré les exploits filmiques d’un acteur bien membré dans « Boogie nights », le voici, dans la même décennie, aux basques d’un privé bizarrement luné pour « Inherent Vice ». Lire la suite

Quai des Orfèvres

Bijou bijou

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« Je crois que j’ai eu le meilleur Clouzot. » Suzy Delair

Avant la guerre, le public français applaudissait le « quai des brumes », donnait dans le réalisme poétique façon Carné, Prévert et Jeanson. Une fois Paris libéré, Henri-Georges Clouzot nous donne plutôt rendez-vous au « Quai des Orfèvres », une immersion dans le réalisme policier, non sans faire preuve de fantaisie, naturellement. Lire la suite