Les SENTIERS de la GLOIRE

Allons enfants…

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« Les lauriers de la victoire flottent à la pointe des baïonnettes ennemies. C’est là qu’il faut aller les prendre, les conquérir par une lutte corps à corps si on les veut. Se ruer, mais se ruer en nombre et en masse… Se jeter dans les rangs de l’adversaire et trancher la discussion à l’arme froide… Marcher vite, précédé de la grêle des balles… Une infanterie sur deux rangs fournit la puissance des feux et la facilité de la marche… »

Ferdinand Foch, De la conduite de la guerre, 1904.

« La Patrie, c’est le sang des autres » disait le critique et scénariste Henri Jeanson qui, au sortir de deux guerres plus meurtrières l’une que l’autre, avait développé une détestation certaine de la chose militaire. C’est assurément avec une même répulsion chevillée au corps que le jeune Stanley Kubrick s’attèle à l’adaptation de ce livre d’Humphrey Cobb découvert adolescent, « Les sentiers de la Gloire ». Les médaillés s’étranglent et la France jette l’anathème sur le brûlot. Mais on n’étouffe pas aussi aisément le cri des hommes qu’on assassine. Lire la suite

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Les CROIX de BOIS

Debout les morts !

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« Nous n’avions pas besoin de jouer, nous n’avions qu’à nous souvenir. »

Charles Vanel

Dans le film de Christian Carion « Joyeux Noël », une cantatrice vient apaiser les esprits des réveillonneurs transis de froid au fond de leur tranchée congelée d’un petit coin des Flandres. Serait-ce décidément une manie germanique que de pousser la note au fond du boyau puisque déjà dans « les Croix de Bois » de Raymond Bernard, un ténor venait combler de sa voix chaude la solitude du patrouilleur français ? La pax musica n’aura hélas qu’un temps, celui d’une « Stille Nacht » rapidement emportée par le ramdam effrayant des gros calibres qui tombent du ciel avant même que les premiers rayons du jour aient sauté le parapet de la tranchée d’en face.  Lire la suite

TOP 10 des films méconnus à voir pour le 11 novembre

« Je songe à vos milliers de croix de bois, alignées tout le long des grandes routes poudreuses, où elles semblent guetter la relève des vivants, qui ne viendra jamais faire lever les morts. »

Roland Dorgelès, Les Croix de Bois, 1919.

Alors que l’on s’apprête à entrer dans la dernière ligne droite des commémorations de la Grande Guerre, que les fanfares et les défilés ajustent leurs notes pour saluer la mémoire de nos combattants tombés sur tous les théâtres d’opération, il est de coutume, au cinéma comme à la télévision, de réviser ces classiques qui évoquent la Première Guerre Mondiale. De l’indispensable « Grande Illusion » de Jean Renoir aux très recommandables « Sentiers de la Gloire » signés Stanley Kubrick en passant par le recueillement auprès des « Croix de Bois » de Raymond Bernard, on ne compte plus les diffusions de ces œuvres majeures du patrimoine. A celles-ci s’en ajoutent d’autres à la popularité plus récente mais non moins dignes de respect : ainsi le grand public aura pu méditer sur « la vie et rien d’autre » et le sort du « Capitaine Conan » de Bertrand Tavernier, rechercher Manech désespérément lors d’« un long dimanche de fiançailles » de Jean-Pierre Jeunet, souhaiter un « Joyeux Noël » aux poilus de Christian Carion ou chevaucher le « Cheval de Guerre » de Steven Spielberg. A cette liste de titres largement diffusés s’ajoutent bon nombre de films passés sous silence ou tombés dans l’oubli qui proposent néanmoins leur vision du conflit. En cette période mémorielle, accordons-leur une citation au fil d’une remontée chronologique : Lire la suite

Au revoir Là-haut

Mascarade

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« Maintenant, ce n’était plus du désespoir que reflétaient ses yeux… c’était une haine grandiose, superbe, qui donnait à ses traits une expression de noblesse en même temps que de mystère et le faisait ressembler à quelque envoyé du destin venu pour troubler la fête. »

Arthur Bernède, Judex, 1917.

Chaque année, à l’approche du 11 novembre, les visiteurs se font plus nombreux dans les cimetières où gisent les restes de ceux qui sont tombés durant la Grande Guerre. Familles ou bien promeneurs des jours fériés viennent ainsi arpenter ces champs de croix sous lesquelles reposent désormais en paix les corps des aïeux fauchés dans la fleur de l’âge. Et pourtant, qui sait à qui ou à quoi peuvent bien appartenir les ossements qui dorment sous nos pieds ? « Mais qu’est-ce que ça peut foutre, bordel de merde ! Quand ils viennent se recueillir, les parents, ils creusent pas la tombe pour vérifier que c’est bien leur mort à eux ? » lance plein de morgue Henri d’Aulnay-Pradelle, savoureux escroc des Années Folles, répugnant personnage né entre les pages d’« Au revoir là-haut », que l’on aimera encore détester dans l’adaptation enlevée qu’en a faite Albert Dupontel. Lire la suite