FIRST MAN : le Premier Homme sur la Lune

L’étoffe du héros

first-man-01

« Nous avons choisi d’aller sur la Lune. Nous avons choisi d’aller sur la Lune au cours de cette décennie et d’accomplir d’autres choses encore, non pas parce que c’est facile, mais justement parce que c’est difficile. Parce que cet objectif servira à organiser et à offrir le meilleur de notre énergie et de notre savoir-faire, parce que c’est le défi que nous sommes prêt à relever, celui que nous refusons de remettre à plus tard, celui que nous avons la ferme intention de remporter, tout comme les autres. »

John F. Kennedy, Rice University, Houston, Texas, 12 septembre 1962.

Les petits pas, Ryan Gosling connaît. L’ancienne tête à claques de chez Mickey a appris à se dandiner tant et si bien que sa carrière a fini par voler de succès en succès, en apesanteur au-dessus de l’observatoire Griffith dans « La la Land », décollage immédiat vers le ciel étoilé d’Hollywood. Ryan Gosling n’est évidemment pas le premier homme à décrocher la lune, mais pour le réalisateur Damien Chazelle, il est incontestablement le « First Man » idéal pour enfiler la combinaison de Neil Armstrong, le premier homme à strier du pied gauche le régolite lunaire. Restait alors à vérifier si le tumulte de la célébrité s’accorde avec la distante sérénité qui caractérise l’astre sélène. Lire la suite

Publicités

BLADE RUNNER 2049

Total Recall

blade-runner-2049-1

« Si les androïdes étaient restés inférieurs, comme les anciens Q-40 fabriqués par Derrain & Cie, il n’y aurait aucun problème et on se passerait de mes talents. »

Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, 1968.

« C’est Dick qu’on assassine ! » Le coup de gueule Métal Hurlant poussé par Philippe Manœuvre à la sortie du « Blade Runner » de Ridley Scott venait du cœur du fan de l’auteur. Peu à peu, la trahison s’est muée en indifférence polie avant de susciter un intérêt croissant allant jusqu’à devenir culte pour certains. Depuis, l’écho  de cette indignation s’est perdue dans le vaste temple des adorateurs de SF. Le film de Ridley Scott compte désormais davantage d’admirateurs transis que de contempteurs bougons au point de faire oublier le four dans lequel la Warner se fourvoya à l’époque, au point d’en fomenter une séquelle que d’aucuns espèrent sans doute plus lucrative. Le Canadien Denis Villeneuve sera alors celui qui, sous le haut parrainage de Ridley Scott et hors des diktats d’Hollywood, reprendra la chasse aux Réplicants en devenant l’artisan de « Blade Runner 2049 ». Le temps est venu de voir et de savoir de quel métal est forgée cette suite tardive. En d’autres termes, comme le dirait un Nexus-6 en fin de vie à l’adresse de son poursuivant : « Show me what you are made of ». Lire la suite

DRIVE

Scorpio rising

drive-scorpion

Un journaliste de Libération, Olivier Séguret, trouvait quelque chose de « Cronenbergien » dans « Drive » de Nicolas Winding Refn, notamment « dans son maniement de la violence ». Il y a un peu de ça et bien d’autres choses dans les replis de ce film séduisant, appliqué, et plutôt classieux. Lire la suite

La La Land

 

Les mélodies du bonheur

la-la-land5

« Pourquoi je filme ? parce que j’aime ça, parce ça bouge, parce que ça vit, parce que ça pleure, parce que ça rit… »

Jacques Demy

A en croire Damien Chazelle, sur les ponts embouteillés de La Cité des Anges, on y danse, on y danse. A la faveur d’un bouchon monstre, chacun sort de sa coquille de métal, le brouhaha des autoradios s’assemble en un phénoménal orchestre de ballet pour automobilistes qui se sentent monter des fourmis dans les jambes. Au milieu de toutes ces robes chamarrées, parmi ces danseurs de toutes les couleurs, la caméra voltige, élargit son horizon en scope, prend de la hauteur pour profiter de la vue. Elle serpente entre les voitures immobilisées puis se dérobe à la foule pour dévoiler un gang de percussionnistes clandestins planqué à l’arrière d’un camion. Ce n’est même plus un big band, c’est un big bazar, on se croirait revenu des années en arrière sur le pont transbordeur qui emportait les forains jusque dans les bras des « Demoiselles de Rochefort ». Toujours associé à Justin Hurwitz, son camarade de partitions qui voit cette fois la vie en Legrand, Chazelle injecte une dose de musicals du temps de l’âge d’or afin de nous souhaiter un splendide welcome to L.A. ? non, welcome to « La La Land », et ça fait bien longtemps que la « City of Light never shined so brightly ». Lire la suite