BACURAU

La vengeance du Sertão à plumes

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« Le dernier texaco vient de fermer ses portes
Y a guère que les moustiques pour m’aimer de la sorte
Leurs baisers sanglants m’empêchent de dormir
Bien fait pour ma gueule ! J’aurais pas dû venir »

Bernard Lavilliers, Sertão in « O Gringo », 1980

« Les minorités doivent se plier aux majorités : elles s’adaptent ou elles disparaissent. »

Jaïr Bolsonaro

Au Nord, c’était le Sertão. Terre aride pleine de rage, zone ingrate et épineuse, depuis toujours foyer du Cangaço. Dans un Brésil d’anticipation, Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles y plantent « Bacurau », bourgade imaginaire sise dans une vallée asséchée, absente des cartes, un oiseau rare, ultime destination pour ceux qui croient encore aux idéaux libertaires cultivés en permaculture. La route qui mène à Bacurau est bordée d’une lande brûlée par le soleil, désertique et inhospitalière, au premier abord. « Si tu viens, vas en paix » dit l’écriteau qui en indique la direction, comme si, passé la frontière, aucun retour possible, destination cercueil. La mort a frappé en effet à Bacurau, elle frappera encore.

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AD ASTRA

L’aventurier de l’arche perdue

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« Il faut pouvoir saisir plus qu’on ne peut étreindre. Sinon, pourquoi le ciel ? »

Robert Browning, Men and Women, 1855.

S’élever, c’est aussi dépasser les limites. Depuis quelques années maintenant, il est venu à James Gray des envies d’ailleurs, d’inconnu, de cités perdues. Des berges de sa métropole d’origine, là où la nuit lui appartient lorsque la Liberté éclaire le Monde, il est parti explorer le cœur des ténèbres amazoniennes. Depuis, la jungle a brûlé, à cause de la folie des hommes, ces « dévoreurs de mondes ». Alors il a choisi de porter son regard plus loin encore, « Ad Astra », là où tout a commencé, et là où tout finit. Suivant la route tracée par Kubrick un demi-siècle auparavant, il s’élance vers les étoiles à travers les difficultés, prenant le risque de s’égarer. Can your hear me Major Gray ? Lire la suite

Le VOYAGE dans la LUNE

Pas de géant

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« De deux choses l’une, l’autre c’est le soleil. »

Jacques Prévert.

Lorsque les frères Lumière inventent le cinéma, ils ouvrent la voie vers d’autres contrées visuelles, repoussent les frontières de l’image. Une des premières grandes conquêtes du cinéma sera la Lune. L’astre qui illumine nos nuits avait depuis trop longtemps nargué le regard des habitants de la Terre pour que dès que l’occasion se présentât, il ne leur prenne l’envie d’aller lui rendre une petite visite. Lune mince, Mens Lune. Qu’elle soit croissant, pleine ou gibbeuse, sa charmante surface de nacre a, dans l’imaginaire des explorateurs de pellicule, toujours été couverte d’un voile de mystère dissimulant bien des dangers…

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CAPTAIN MARVEL

Top girl

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« Hé toi, qu’est-ce que tu regardes ?
T’as jamais vu une femme qui se bat ? »

Clara Luciani, la Grenade, 2018.

L’heure est grave. Alors que la moitié des surhommes chargés de défendre notre planète ont été désintégrés en un claquement de doigts, que leur dieu-père s’est définitivement éteint dans sa quatre-vingt-seizième année, un signal de détresse lancé vers l’infini devient soudain l’ultime espoir des fans en deuil. L’écurie aux grandes oreilles qui s’apprête à clore un cycle de plus de dix ans, comprend enfin que l’avenir de l’homme dépend plus que jamais de ces dames. Et pour perpétuer la lignée de ses héros en péril, elle en appelle à sa belle étoile, à son nouveau Captain. Dirigée par Anna Boden et Ryan Fleck, équipage mixte au commande de ce vaisseau bleu, rouge et or, Miss « Captain Marvel » déboule comme un bolide dans un contexte transitionnel, entre une « Infinity war » traumatisante et une « End game » on ne peut plus indécise. Lire la suite

SOLO : a Star Wars Story

Space Cow-boy

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« Vous êtes venu dans cette casserole ? Vous êtes plus brave que je ne pensais. »

Leïa à Han Solo in Star Wars, George Lucas, 1977

Si l’on remonte à une époque lointaine, très lointaine, à l’occasion d’un de nos voyages galactiques, il a pu nous arriver de croiser la route d’un bandit charmeur, d’un flibustier au grand cœur repéré pour ses talents de jeune conducteur. En une trilogie enlevée, il aura convoyé une princesse et un blondinet vers la victoire de la bonne cause. Passé un ultime épisode en forme de baroud d’honneur, Harrison Ford a définitivement remisé sa veste, son air goguenard et ses « American Graffiti » au placard d’« Indiana Jones », laissant le champ libre à son vieux camarade Ron Howard de conduire en « Solo » un nouveau flash-back sur la « Star Wars Story ». Mais en voulant exploiter le filon toujours plus près des fondations du mythe, Han, cher Han, ne vois-tu rien venir ? Lire la suite

La GUERRE des ETOILES

Ainsi vint la Force

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« J’ai fait la Guerre des Etoiles la peur au ventre. Je ne savais pas réellement où j’allais. »

George Lucas

« Non, n’essaie pas ! Fais-le, ou ne le fais pas ! Il n’y a pas d’essai. »

Yoda à Luke Skywalker in L’Empire contre-attaque, Irvin Kershner, 1980

Que peut-on bien trouver dans une galaxie lointaine, très lointaine ? « La Guerre des Etoiles » bien sûr ! La seule, l’unique, celle de Georges Lucas. Si vous cherchez votre salut auprès d’aliens et de droïdes, de rebelles et de tyrans, si vous êtes en quête d’héroïsme et de fantaisie, avide de science et de fiction, elle sera votre « Nouvel Espoir ». Il est l’épisode fondateur d’une saga interstellaire qui a fini par échapper à son créateur. En perpétuelle expansion, on n’a toujours pas atteint l’horizon de ses évènements. Lire la suite

L’homme qui venait d’ailleurs

Born in a UFO

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« Regardez par ici, je suis au paradis
J’ai des cicatrices, qui ne se voient pas
J’ai mon histoire, qui ne peut être volée
Tout le monde me connait maintenant »

David Bowie, Lazarus, 2015

Tel un phœnix plusieurs fois ressuscité, il savait se réinventer. Créature protéiforme, en mutation perpétuelle, tantôt chien de diamant, tantôt araignée martienne, le David Bowie des seventies a fini par oublier au fond des loges la dépouille misérable de David Jones. Changé en artiste fantasque, atypique et adulé, hermétique dans ses choix et sibyllin dans ses propos, à coup sûr il était « l’homme qui venait d’ailleurs » du roman de Walton Tevis, fragmenté en éclats psychédéliques par le cinéaste anglais Nicolas Roeg. « There’s a Starman waiting in the sky… », alors ne tardons pas à le rejoindre. Lire la suite