The GRAND BUDAPEST HOTEL

Un Air de Panache

« On peut se sacrifier pour ses propres idées, mais pas pour la folie des autres. »

Stefan Zweig, La Contrainte, 1927.

Dans la famille très encombrée des Anderson qui occupent le premier plan du cinéma actuel (qui va de P.T. à P.W.S.), Wes est sans doute celui qui possède l’identité visuelle la plus remarquable. « The Grand Budapest Hotel » répond en effet à tous les critères de reconnaissance imposés par sa marque de fabrique : comédie à l’humour très cérébral, goût prononcé pour les décors miniatures et les looks surannés, couleurs criardes, scénario foisonnant trempé dans une loquacité sophistiquée doublé d’un sens très astucieux des mouvements d’appareil. C’est grosso modo autour de ces quelques termes que se définit le petit monde de Wes Anderson. Lire la suite

L’ÎLE aux CHIENS

Loyal canin

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Voici les récits que racontent les Chiens quand le feu brûle clair dans l’âtre et que le vent souffle du nord. La famille alors fait cercle autour du feu, les jeunes chiots écoutent sans mot dire et, quand l’histoire est finie, posent maintes questions :
« Qu’est-ce que c’est que l’Homme ? » demandent-ils.

Clifford D. Simak, Demain les chiens, 1952.

Comme dans un haïku, il y a quelque chose d’ineffable dans le cinéma de Wes Anderson. Il est fait de cette même essence poétique, parfois déroutant mais toujours paré d’évidence. Cet univers d’auteur s’impose dès que l’on pose le pied sur « l’île aux chiens », petit bijou d’orfèvrerie japonisant qui se présente comme un conte cynophile à savourer image par image. Lire la suite