GHOSTS of MARS

Little Big John

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« C’est une planète brutale, c’est nous dans le futur. »

Alice Cooper

« Quand j’ai commencé à faire ce métier, c’était pour réaliser des westerns, c’est la raison principale pour laquelle je suis entré dans l’industrie du cinéma. » dit un jour John Carpenter. Et pourtant, pas un cavalier solitaire ne traverse les grands espaces au générique de « Halloween », pas un clairon de cavalerie ne sonne la charge à la rescousse de Snake Plissken. Il faudra que se réveillent les « Ghosts of Mars », aux confins de sa carrière, pour que Big John fasse la preuve qu’en vérité, il a toujours été à l’Ouest. Lire la suite

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Les 8 SALOPARDS

Wanted : Dead or Evil

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« Tous les réalisateurs ont leur superbe. Ce qui différencie Quentin, c’est le plaisir dingue qu’il prend chaque jour à faire du cinéma. »

Kurt Russell

Ce qui est blanc ne le reste jamais bien longtemps. Quelques gouttes de sang ont vite fait de faire tâche, de vous ruiner un costume, ou de vous discréditer auprès d’un public qui ne vous attendait pas ainsi maculé. Quentin Tarantino, ce briseur de codes invétéré, retourne au western pour mieux le tremper dans le seau putride du film d’horreur. Après « Reservoir dogs » et ses braqueurs à cran en quête de traître, après « Inglourious Basterds » et ses faux Nazis qui jouaient aux devinettes, il convoque les « Hateful Eight » en vase clos, et ce pour mieux les shooter au 70 mm. Lire la suite

Les CHAROGNARDS

La prisonnière du pervers

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« La chasse à l’homme est supérieure à l’autre chasse de toute la distance qui existe entre les hommes et les animaux. »

Honoré de Balzac

A première vue, cet Ouest n’a rien de nouveau. Le bétail souffre de la chaleur pendant que les ranchers s’enrichissent, que des crapules les dépouillent, et que les prostituées passent sur le grill. Mais dans le train qui nous emmène sur ces terres arides dévastées par une chaleur écrasante, les fusils ont des calibres hors-norme, épaulés par des mâles en manque de virilité. Une partie de chasse sans merci se profile avec, en guise de trophée, la belle Candice Bergen qui se trouve être la proie des « Charognards » du film de Don Medford. Lire la suite

TOP 10 des westerns des années 2000

« Le vent souffle en Arizona
Un État d’Amérique dans lequel Harry zona
Cow-boy dingue du bang bang du flingue
De l’arme, du cheval et de quoi faire la bringue »

Claude MC Solaar, Le Nouveau Western in Prose combat (1994)

Il est mort, il est mort le western. Cela fait des décennies que cette vieille antienne de coin du feu ne cesse d’empoisonner le crépuscule d’un genre pourtant plus vif qu’il n’y paraît. Tant de bobines ont été déroulées, et pourtant les lonesome cowboys cornaquent encore leurs têtes de bétail à travers les grandes plaines de l’Ouest, les trains filent encore à toute vapeur pour échapper aux desperados en cavale, et l’on verra encore des charriots brinquebaler sur la piste des géants d’antan. Le western, c’est l’Amérique, mais pas seulement,  c’est aussi un genre sans frontières. Quelques titres ont passé celle du nouveau millénaire. Ils témoignent d’un genre qui n’est pas résolu à mordre la poussière, qui ne compte pas finir les pieds devant. Ce petit florilège posté en embuscade et qui, du haut des canyons, n’aperçoit pas encore son soleil couchant, chevauche peut-être celui de l’ami Goran, ou peut-être celui de la dame Camellia Burrows. Qu’importe, car il indique la piste des films à voir ou à revoir au grand galop : Lire la suite

WIND RIVER

La chevauchée des bannies

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« Je n’avais cessé de penser à ces montagnes tout le temps où j’étais loin, et je m’étais juré que pas un jour ne passerait sans que je les regarde une fois que je serais de retour. La plupart du temps, je n’oubliais pas mon serment. »

Craig Johnson, Little Bird, 2005

En ces temps d’asphyxie identitaire, de mal-être politique, l’Amérique soudain avale un grand bol d’air froid quelque part sur les prairies gelées de la  « Wind River » Reservation. Loin d’être sur la réserve, Taylor Sheridan tourne un film qui s’adosse à un fait d’hiver, écho assourdi d’une fille perdue dans la neige, avalée par l’infinitude montagneuse. Lire la suite

COMANCHERIA

Seuls sont les indomptés

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– Comment que ça dit, Tom ?

– Ça dit : « Deux valent mieux qu’un, car ils sont mieux payés de leurs peines. Car s’ils tombent, l’un aidera l’autre à se relever. Mais malheur à qui est seul. S’il tombe, il n’a personne pour le relever. » En voilà un bout.

John Steinbeck, Les raisins de la Colère, 1939.

Le Sud sent le chaud. Le soleil rasant de la fin de journée vient brûler l’ocre de la poussière qui se reflète sur les parois blanchâtres des caravanes cradoques posées sur des étendues arides du Texas. Le western n’est jamais aussi beau que lorsqu’il revêt ses couleurs crépusculaires et règne sur cette « Comancheria » vue à travers les yeux d’un Anglais tout juste sorti de prison. David McKenzie tapait « les poings contre les murs » dans son précédent film, comme pour dénoncer l’injustice sociale qui avait conduit ses personnages à l’ombre. Curieux de voir si les perspectives sont plus radieuses de l’autre côté de l’Atlantique, il a donc gagné cet Ouest lointain, troquant les barreaux du pénitencier contre des barbelés déroulés « along the road ». Lire la suite

Les PROIES

Yankee soit qui mal y pense

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 » Mais pourquoi tenez-vous à en savoir autant sur la vie personnelle des gens ?
– En partie par curiosité et en partie pour me protéger, ma chère Amelia. La cruauté règne en ce bas monde et il faut prendre ses précautions.
– Avez-vous déjà lu certaines œuvres de Mr Charles Darwin ? je lui ai demandé. La Nature est cruelle, dit Mr Darwin.
– Dieu merci, nous sommes ici entre gens civilisés. »

Thomas P. Cullinan, The beguiled, 1966, p. 242.

Sofia a du style. Cela tient sans doute à sa passion pour la mode qui l’a conduite à faire un stage chez Chanel à l’âge de 15 ans. Cela n’a échappé à personne, dès ses premiers pas dans la cour des longs-métrages, elle sapait ses vierges suicidaires avec goût, en les baignant de lumières vintages au parfum de mélancolie douce-amère. Elle s’enticha ensuite d’une de nos gloires d’Ancien Régime à la garde-robe bien fournie et à la frivolité très pop. Puis dernièrement, elle suivit un gang de fashion victims qui s’étaient mises en tête de faire des bêtises chez les gens fortunés. Ce sont des interdits d’un autre genre que « les Proies » de son nouveau film s’apprêtent également à franchir, dans un Sud sécessionniste qui, pour l’occasion, s’habille en Coppola. Lire la suite