PLATOON

Entre le ciel et l’enfer

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« Tôt ou tard, l’escouade se pliera aux noirs desseins de la jungle. Nous nous soumettrons à la loi de la jungle, qui est la suivante : Les Marines reviennent toujours de la jungle moins nombreux qu’ils n’y sont entrés. Point à la ligne. »

Gustav Hasford, the short-timers, 1979.

Il suffit parfois de quelques accords, l’envolée plaintive d’une escouade de violons pour réveiller la mémoire d’un film qui se pose sur le tarmac de Saigon. A travers le boucan du gros porteur, se frayent quelques notes d’un adagio pour cordes de Samuel Barber, comme oraison funèbre de ceux qui ne reviendront pas et de ceux qui ne tarderont pas à y rester. Bienvenue au Vietnam, vous entrez en zone de perdition. Enfilez donc l’uniforme avant de rejoindre votre « Platoon » sous les ordres d’Oliver Stone. Lire la suite

Le CRIME de l’ORIENT-EXPRESS (2017)

Sans l’ombre d’un doute

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« Mais pourquoi donc ai-je inventé cette détestable et assommante petite créature ? (…) Certes, je dépends beaucoup d’elle financièrement. Mais par ailleurs, elle me doit sa propre existence. Parfois je lui fais savoir qu’en quelques coups de plume je pourrais lui ôter la vie. Et elle me réplique alors : « Impossible de se débarrasser de Poirot : il est bien trop intelligent ! » »

Agatha Christie

Depuis qu’un jour un train est entré en gare de La Ciotat, locomotive et cinéma ont avancé de pair. D’abord spectatrice immobile sur un quai, la caméra fut vite montée sur rail, embarquant le spectateur pour un voyage moins ennuyeux. Et pour ajouter un peu de frisson à l’épopée ferroviaire, quoi de mieux que de choisir une ligne qui passe par la littérature policière, une œuvre connue pour voyager en première et qui s’intitulerait « Le Crime de l’Orient-Express ». Le très british Kenneth Branagh prend son ticket de metteur en scène auprès de Scott et compagnie, et s’en va faire le Poirot sur le quai de la gare.

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The LIGHTHOUSE

Finis Terrae

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« Nous vivons sur une placide île d’ignorance au milieu de noires mers d’infini, et cela ne veut pas dire que nous puissions voyager loin. »

H.P. Lovecraft, L’appel de Cthulhu, 1928

Au bout du monde, il y avait un phare. Derniers feux avant la nuit. Attiré par la lueur de ses légendes à faire peur, Robert Eggers a remonté le temps jusqu’à lui. Dans l’écrin lugubre de sa caméra, « The Lighthouse » se dresse, inflexible, tel un géant au péril de la mer, tel un clou planté dans l’océan, perçant l’horizon de son œil luminescent dans l’espoir d’en éclairer les mystères. Mais le sinistre royaume tapi sous la surface n’abrite-t-il pas les monstres que la lumière attire ? Lire la suite