Un seul bras les tua tous

L’arme à gauche

« Mon domestique n’a peut-être qu’un seul bras, mais il sait très bien s’en servir. »

L’aubergiste dans « La rage du tigre » de Chang Cheh, 1971.

Le sabre est une arme noble. Dans la Chine médiévale comme ailleurs, pouvoir en faire usage, en connaître le maniement expert est réservé aux meilleurs, en général à ceux de la caste supérieure. Mais à la Shaw Brothers, on offre du spectacle populaire, celui qui galvanise les foules et s’affranchit des contraintes morales. Et lorsque l’on tendit cette arme au réalisateur Chang Cheh, celui-ci s’en empara avec vigueur et affirma avec autorité que « un seul bras les tua tous ». Lire la suite

DETECTIVE DEE : La Légende des Rois Célestes

Le juge et les assassins

« Pour moi, le plus important, c’est la créativité, parce que dans le cinéma, on fait toujours la même chose. Nous devons chercher à faire quelque chose de différent, sinon pourquoi copier les autres ? Pourquoi autant de travail pour faire la même chose ? »

Tsui Hark

« Les bonheurs inattendus sont les plus grands ! »

Robert Van Gullik, meurtre sur un bateau-de-fleurs, 1960.

Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage. Cette maxime conviendrait à merveille à l’œuvre de Tsui Hark tant il n’aura cessé tout au long de sa prolifique carrière d’inventer des formes. Alors qu’il a atteint les soixante-dix printemps, celui que l’on surnomme le « Spielberg chinois » semble avoir rajeuni avec son nouveau héros en costume. Il a, en effet, pour le servir un chevalier des plus perspicaces, un enquêteur devenu mythique. Après avoir percé le mystère de « la Flamme Fantôme » et bu la tasse entre les griffes du « Dragon des Mers », voici désormais « Détective Dee : la Légende des Rois Célestes ». Lire la suite

Le retour de l’HIRONDELLE D’OR

Angry bird

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« L’épée au côté, je marche solitaire,
Le Roc, bel oiseau, plane haut vers les nuages.
L’univers est vaste, où est ma maison ?
Ô mon Hirondelle, où as-tu fait ton nid ? »

L’hirondelle est un migrateur, elle aime voir du pays. Mais toujours elle retrouve le chemin de sa maison. « L’hirondelle d’or » a fait fortune de par le vaste pays de Chine, rien d’étonnant alors que l’on annonce deux ans plus tard « le retour de l’hirondelle d’or ». Son réalisateur mécontent s’est envolé vers Taïwan, mais l’actrice principale n’a pas quitté le nid, bien au Shaw dans sa cage. Chang Cheh, chargé de la surveiller, lui a trouvé de la compagnie, un oiseau blanc en quête d’amour, mais dévoré par la rage qu’il a au fond du cœur. La trahison est un poison qui nécessite un puissant antidote. L’Hirondelle d’or qui fait son retour doit être réapprivoisée.

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L’HIRONDELLE d’OR

La dame oiselle et le clochard

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« L’Hirondelle d’or est mon premier choc au cinéma. C’est une nouvelle manière d’envisager le cinéma d’action. »

John Woo

En Orient, lorsque s’impose le choix des armes, la main se porte soit sur le sabre, soit sur l’épée. Le premier est l’apanage des samouraïs japonais, maîtres du chambara qui ne dégainent que pour tuer. La seconde est l’arme du guerrier de l’Empire du Milieu, lame légère qui plane sur les zéphires du Wu xia pian. En Chine, s’il est un nom emblématique du film de chevalerie, c’est bien celui de King hu. Sous l’égide des mythiques studios Shaw Brothers, il s’envole vers les cimes du succès sur les ailes de « l’Hirondelle d’or ». Lire la suite

a TOUCH of ZEN

L’incroyable légèreté de lame

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« Quoi ! dix jours pour peindre une montagne !
Quoi ! cinq jours pour faire un rocher !
Eh ! oui ! Le véritable artiste n’aime point qu’on le presse et qu’on le tourmente. »

Vers impromptus, écrits sur une peinture de Ouang-tsaï, Du Fu (712-770)

Au loin, les cimes embrumées d’une montagne verdoyante. Une chute d’eau, une langue de glace, un rai de lumière se fraie un chemin à travers les rues embrumées d’une bourgade frontalière aux confins de l’Empire du Milieu. Soudain, l’envol d’une escadrille de migrateurs accroche le regard vers l’azur illuminé : il aura fallu à King Hu quatre années de tournage pour qu’il obtienne sa «  Touch of Zen ». Lire la suite

Detective DEE 2 : la légende du Dragon des Mers

Enquête d’action

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A mesure que le temps passe, il semblerait que Tsui Hark rajeunisse. Son cinéma gagne en vigueur, en couleur, et n’a rien perdu de sa vivacité. C’est en tous cas ce que nous prouve son « Detective Dee II : la légende du dragon des mers » dont les exploits précèdent ceux de « La Flamme fantôme ». Lire la suite