AVENGERS : Endgame

Les héros meurent aussi

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« Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir (un temps). Les grains s’ajoutent aux grains, un à un, et un jour, soudain, c’est un tas, un petit tas, l’impossible tas. »

Samuel Beckett, Fin de Partie, 1957.

« Zeus, donne-lui ton trône. Il y a un vrai patron parmi les dieux maintenant. »

Joann Sfar, hommage à Stan Lee

On les avait laissés vaincus, traumatisés, dissous aux quatre coins de la galaxie, dans la sidération la plus absolue face à ce terrifiant constat d’échec : les héros n’ont pas toujours gain de cause. A la fin d’« Avengers : Infinity War », un titan fou adepte du new deal universel, un dieu auto-proclamé aux pouvoirs infinis tenant le destin de la création au revers de son gant avait, en un claquement de doigts, remporté le match, obtenu satisfaction. C’était fait, plié, page tournée, ashes to ashes, « Avengers : Endgame », à moins qu’Anthony et Joe Russo n’aient trouvé un moyen de rejouer la partie. Lire la suite

AVENGERS : Infinity war

Mauvaises nouvelles des étoiles

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« Cependant, à d’innombrables années-lumière de là, aux marges de l’infini, une voix se fait entendre :
– ça va mal ! La Mort a un bien meilleur jeu que nous, Lord Chaos ! Nous devons lancer nos derniers atouts !
– Nous donneront-ils la victoire, Master Order ? Thanos n’a encore jamais eu un jeu aussi fort ! »

Jim Starlin, to duel a mad god, Marvel two-in-one annual #2, 23/08/1977.

Voilà dix ans maintenant que le Marvel Cinematic Universe a entamé sa grande saga, semant de film en film, de cycle en cycle, les petits et gros cailloux qui conduisent au grand ramdam débarquant sur les écrans : « Avengers : infinity war ». Première mi-temps d’un affrontement cataclysmique dont l’enjeu n’est ni plus ni moins que la survie de l’univers, il ne fallait pas moins de deux réalisateurs pour mettre en ordre de bataille cette monumentale fresque composite faite d’éléments épars. Reste à savoir qui de Anthony ou Joe Russo saura le mieux recoller les morceaux. Lire la suite

Les GARDIENS de la GALAXIE

 

Un raton dans l’espace

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De plus en plus, l’univers cinématographique de Marvel ressemble à un puits sans fond. C’est comme un trou noir, pareil à celui qui, au centre de la voie lactée, engloutit toute forme de matière et de lumière : il aspire, broie et digère tous les talents qui passent à sa portée. Depuis que Bryan Singer a retrouvé le génome originel des super-héros au début des années 2000, cet univers n’a plus cessé son expansion, augmentant toujours plus ses budgets jusqu’à atteindre une rentabilité record en réunissant l’armada de ses petits soldats au sein des « Avengers ». Afin d’animer cette spirale tentaculaire de héros aux capacités toujours plus impressionnantes, la maison mère n’a pas hésité à recruter tous azimuts : des vieux spielbergiens nourris de nostalgie commémorative (Joe Johnston pour « Captain America : first Avenger ») comme des gardiens du temple shakespearien (Kenneth Branagh qui s’est pris le marteau de « Thor » en pleine poire), pour privilégier dans sa phase 2 des recrues formatées à l’écriture plus télévisuelle (Alan Taylor et Joss Whedon en particulier). Captées par l’onde gravitationnelle de la maison Mickey au sourire crispé, toutes ces précieuses étoiles exigeaient d’être dûment protégées par « les Gardiens de la Galaxie ». Lire la suite

Les BRASIERS de la COLERE

 

Fureur Appalaches

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« Are you ready for the country ? » chantait Neil Young dans une de ses célèbres ballades. Scott Cooper connaît bien la musique puisqu’il fit sensation avec un premier film portant sur la biographie d’un chanteur folk inspiré de la vie de Merle Haggard. Pour son deuxième film, Scott Cooper ne quitte pas la campagne mais la joue plus industrielle, plus crasseuse et plus brutale. Figurant déjà pour certains critiques dans le top des films de cette année, « Les brasiers de la colère » peut se vanter d’être né sous une sacrée constellation d’étoiles puisqu’il réunit une brochette d’acteurs à faire pâlir d’envie bien des pontes hollywoodiens. Lire la suite