SLEEPY HOLLOW

La belle au val dormant

« La vallée de l’Hudson a un je-ne-sais-quoi d’irrésistible. Quand tu la traverses en voiture, tu ne vois que des villages et des petites églises. La sensation forte qui s’en dégage est à l’image de l’histoire de « Sleepy Hollow ». Aux Etats-Unis, c’est une des rares régions que je connaisse qui semble réellement hantée. »

Tim Burton, entretiens avec Mark Salisbury, 2006.

En Europe, pour conter des histoires qui bercent nos soirées brumeuses à l’approche de la saison fraîche, on a depuis longtemps pu compter sur Andersen, les frères Grimm ou bien ce cher Charles Perrault. Aux Etats-Unis, en revanche, les grands narrateurs de récits à faire peur ont été moins prolixes. « La légende de Sleepy Hollow » de Washington Irving constitue sans doute un des premiers écrits du genre qui marquera durablement la culture populaire. Les mots devinrent vite des images terrifiantes, et les premiers tours de manivelle du cinématographe ne se privèrent pas de les mettre en mouvement. Biberonné depuis sa tendre enfance à Burbank à toutes sortes d’images macabres et autres contes à faire peur, Tim Burton ne pouvait que se réjouir du scénario de « Sleepy Hollow » qui le sortit d’une torpeur sous kryptonite. Les démons de Bava et autres spectres échappés des caves de la Hammer pouvaient alors revenir hanter les recoins sombres de son esprit. Pour sûr, cette fois, les citrouilles allaient mourir de trouille. Lire la suite

BEETLEJUICE

S.O.S. fantôme

« Tim comprend le cœur humain comme très peu de personnes. Il comprend la douleur des incompris, des fantasques et même des fous. Il les célèbre à la fois d’une manière totalement unique, compatissante, tendre, terrifiante et souvent hilarante. Mais ses personnages conservent toujours une certaine dignité. »

Winona Ryder, citée dans l’exposition le Labyrinthe de Tim Burton, 2023.

Les jeunes et moins jeunes lecteurs actuels ont découvert Michael McDowell, écrivain admiré par Stephen King, George Romero ou encore Steven Spielberg, emporté par le SIDA à la fin des années 90, grâce à la série de romans « Blackwater » récemment traduite en français et publiée aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. Bien peu en revanche se souviennent que cet auteur nécrophile et collectionneur de curiosités morbides était aussi le créateur du personnage de « Beetlejuice ». La personnalité et l’aura tout aussi singulière du réalisateur qui a porté son scénario à l’écran aura fini par occulter la trace de cette paternité. Tim Burton n’est pourtant qu’un nom parmi d’autres à Hollywood lorsqu’il met en chantier ce deuxième long-métrage, après le succès de « Pee-Wee’s big adventure » qui devait beaucoup à la notoriété outre-Atlantique de son héros comique. Alors qu’il lorgne déjà sur un projet en forme de chauve-souris pour la Warner, David Geffen lui tend un script totalement déjanté qui redonnerait le sourire à quiconque sentirait sa dernière heure arriver. Lire la suite