Fahrenheit 9/11

… Et tu retourneras à la poussière.

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« Débris de gens du monde entier. United Colors of Babel. »

Frédéric Beigbeder, Windows on the World, 2003

C’était aussi un mardi. « 8h30. Le ciel est bleu mais personne n’en profite. » écrit encore Beigbeder. Et pour cause. Un point d’incandescence s’illumine sur la planète en cette année « 2001 » si redoutée par Herbert et Kubrick. L’anticipation rejoint la réalité lorsque deux avions de ligne détournés par des terroristes percutent les tours du World Trade Center. L’évènement inaugurait « l’ère la plus dangereuse que le monde ait connu » (selon les termes du grand prédicant Rumsfeld). Un nouveau siècle débute, placé sous le signe de la grande menace, l’avènement d’un Big Brother orwellien baptisé « Patriot act ». Mais c’est à un autre grand nom de la science-fiction, la plume éminente et éclairée de Ray Bradbury, que Michael Moore a choisi de porter la température de son fracassant documentaire « Fahrenheit 9/11 ». Lire la suite

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BLACKkKLANSMAN

General Lee

blackkklansman

« Cela dit, l’avenir n’est pas très brillant. Il y a de plus en plus de répression et de brutalités à l’égard des Noirs. Le Klu Klux Klan se réorganise, assassine des gens, gagne des élections, fait élire ses membres, sans que les deux grands partis fassent quoi que ce soit pour l’arrêter. »

Larry Clark, propos recueillis par Jeanine Euvrard, in Cinema Action : le cinéma Noir américain, 1988.

On croirait à un gag. Et pourtant l’histoire de Ron Stallworth, le flic Noir qui a infiltré le Klu Klux Klan, est authentique. Spike Lee ne manque pas de le rappeler avec insistance après que ce soient inscrites en lettres majuscules le titre de son adaptation du « Blackkklansman ». Back to the seventies, cols pelle à tarte et coupe afro pour un revival grinçant qui vire au brulot politique directement adressé à ce Public Enemy qui a mis la main sur le bureau ovale. Lire la suite

Pentagon Papers

Balance ton scoop

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« Toutes les grandes vérités commencent par être des blasphèmes. »

George Bernard Shaw, Annajanska, 1917

Le ciel s’assombrit. « Democacy dies in darkness » dit le nouveau slogan du Washington Post. Aux Etats-Unis, depuis que le nouveau président a érigé en principe électoral le concept de post-vérité, rien ne va plus pour les dénicheurs de scandales. Face à ce constat inquiétant, ce grand humaniste qu’est Steven Spielberg, stakhanoviste de la caméra s’il en est, ne pouvait renoncer à mettre en chantier « Pentagon Papers » la même année que « Ready Player One », car le temps est compté avant que d’autres ne choisissent d’imprimer la légende. Lire la suite