La belle au val dormant

« La vallée de l’Hudson a un je-ne-sais-quoi d’irrésistible. Quand tu la traverses en voiture, tu ne vois que des villages et des petites églises. La sensation forte qui s’en dégage est à l’image de l’histoire de « Sleepy Hollow ». Aux Etats-Unis, c’est une des rares régions que je connaisse qui semble réellement hantée. »
Tim Burton, entretiens avec Mark Salisbury, 2006.
En Europe, pour conter des histoires qui bercent nos soirées brumeuses à l’approche de la saison fraîche, on a depuis longtemps pu compter sur Andersen, les frères Grimm ou bien ce cher Charles Perrault. Aux Etats-Unis, en revanche, les grands narrateurs de récits à faire peur ont été moins prolixes. « La légende de Sleepy Hollow » de Washington Irving constitue sans doute un des premiers écrits du genre qui marquera durablement la culture populaire. Les mots devinrent vite des images terrifiantes, et les premiers tours de manivelle du cinématographe ne se privèrent pas de les mettre en mouvement. Biberonné depuis sa tendre enfance à Burbank à toutes sortes d’images macabres et autres contes à faire peur, Tim Burton ne pouvait que se réjouir du scénario de « Sleepy Hollow » qui le sortit d’une torpeur sous kryptonite. Les démons de Bava et autres spectres échappés des caves de la Hammer pouvaient alors revenir hanter les recoins sombres de son esprit. Pour sûr, cette fois, les citrouilles allaient mourir de trouille. Lire la suite