BEETLEJUICE

S.O.S. fantôme

« Tim comprend le cœur humain comme très peu de personnes. Il comprend la douleur des incompris, des fantasques et même des fous. Il les célèbre à la fois d’une manière totalement unique, compatissante, tendre, terrifiante et souvent hilarante. Mais ses personnages conservent toujours une certaine dignité. »

Winona Ryder, citée dans l’exposition le Labyrinthe de Tim Burton, 2023.

Les jeunes et moins jeunes lecteurs actuels ont découvert Michael McDowell, écrivain admiré par Stephen King, George Romero ou encore Steven Spielberg, emporté par le SIDA à la fin des années 90, grâce à la série de romans « Blackwater » récemment traduite en français et publiée aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. Bien peu en revanche se souviennent que cet auteur nécrophile et collectionneur de curiosités morbides était aussi le créateur du personnage de « Beetlejuice ». La personnalité et l’aura tout aussi singulière du réalisateur qui a porté son scénario à l’écran aura fini par occulter la trace de cette paternité. Tim Burton n’est pourtant qu’un nom parmi d’autres à Hollywood lorsqu’il met en chantier ce deuxième long-métrage, après le succès de « Pee-Wee’s big adventure » qui devait beaucoup à la notoriété outre-Atlantique de son héros comique. Alors qu’il lorgne déjà sur un projet en forme de chauve-souris pour la Warner, David Geffen lui tend un script totalement déjanté qui redonnerait le sourire à quiconque sentirait sa dernière heure arriver. Lire la suite

BATMAN

Rire et mourir

« Le Prêtre, pointant vers le ciel : The bat ! The bat ! »

Roy Ward Baker, The Scars of Dracula, 1970

Avant de devenir l’âme noire vengeresse de l’Amérique post-11 septembre, le chevalier dans l’ombre de Christopher Nolan prêt à surgir lorsque l’hydre terroriste et protéiforme menace l’équilibre de l’occident civilisé, « Batman » avait profité des soins cosmétiques de Tim Burton. Créé à la fin des années 30 par Bob Kane et Bill Finger en réponse au très lisse Superman, il a subi bien des corrections, redéfini par le crayon de moult dessinateurs et transposé sur grand et petit écran souvent pour le pire, rarement le meilleur. Rien d’étonnant donc à ce que la Warner confie à un graphiste doué (Burton a peaufiné son coup de crayon à l’école Disney) le soin de remettre en selle le sombre héros aux ailes déployées. Lire la suite