MOONFALL

Appetite for destruction

« Nous sommes plus proches du sinistre que le tocsin lui-même. »

René Char

Depuis que Hollywood a découvert sa capacité à faire trembler la Terre, à ouvrir en deux les océans, à faire cracher le feu des volcans, on ne compte plus les plaies que les studios ont abattues sur notre planète. Mais le champion toutes catégories de cette inflation dévastatrice reste évidemment le teutonique Roland Emmerich, capable comme personne de déployer des moyens titanesques pour projeter sur la toile le spectacle sidérant d’un anéantissement de grande échelle. De dérèglements climatiques accélérés en invasions monstrueuses ou extra-terrestres, il est donc passé maître dans l’art de faire des films catastrophiques. Mais en réalisant « Moonfall », c’est carrément le genre entier qu’il propulse sur une orbite toujours plus délirante.

90 secondes. C’est le temps bref durant lequel les astronautes en route vers la Lune ce 20 juillet 1969 furent totalement coupés de tout contact avec le centre opérationnel de Houston. Il n’en fallait pas davantage pour faire de cette rupture du fil des évènements officiels le réceptacle de toutes les théories les plus fumeuses, le gouffre béant dans lequel vont plonger avec délectation des fanas de complots à la paranoïa galopante. On dirait qu’aujourd’hui, plus la recherche avance, plus notre connaissance est parasitée par ceux qui repensent le monde à l’aune de croyances et de fantasmes. D’après les statistiques, près d’un Américain sur six est convaincu que la Terre est plate, de quoi faire réfléchir, non sur la rotondité de la planète, mais sur l’effondrement d’une telle certitude dans l’esprit de certains. Car si on admet que la Terre n’est pas plate, qu’en est-il de la Lune ?

Chacun aura pu constater que notre satellite se trouve placé à la distance parfaite lui permettant de recouvrir le disque solaire durant les éclipses. N’est-ce pas une étrange coïncidence ? C’est en tout cas le genre de doute farfelu qui rumine dans le cerveau en ébullition d’un sceptique de la première heure confié à John Bradley, autodidacte de l’astrophysique et auto-proclamé expert en mégastructures (théorie développée par Christopher Knight dans son livre « Who built the moon ? », selon laquelle la Lune serait en réalité creuse et artificielle) et émule de feu Carl Sagan (authentique personnalité controversée du monde scientifique à qui l’on doit le programme de recherche d’intelligence alien SETI et une collaboration au projet A119 visant à faire exploser une ogive nucléaire sur la surface de la Lune). Voilà le genre de sympathique énergumène que le scénario comploté par Emmerich et son fidèle kollaborateur Harald Kloser va placer au pinacle de « Moonfall ».

Sans véritable distance critique (modéré néanmoins par l’aspect ridicule du scénario) ou clin d’œil ironique vers une lecture second degré (façon « don’t look up »), le film s’envole même vers l’ode douteuse à ceux qui savent mais qu’on n’écoute pas, de quoi enthousiasmer les ardents militants de la post-vérité et autres pourfendeurs du deep state. « Tu viens de mentir à tout le pays ! » s’emporte Jo Fowler face à son supérieur, une ex-astronaute interprétée par Halle Berry, devenue responsable de recherche à la NASA. Mais pas question de faire dans la nuance car l’heure est grave : pour Emmerich, les militaires sont aussi salauds que les politiques, et il va décrocher la Lune pour leur mettre sur la tronche.

C’est donc reparti pour le grand déluge des inondations, des tempêtes cataclysmiques, des glissements de terrain et des pluies de météorites, des tsunamis gigantesques expliqués par le petit manuel de la gravitation pour les nuls. Emporté par des visions délirantes et un script stratosphérique qui va de théories paranos en revisite des origines de l’humanité, le réalisateur en apesanteur n’a désormais plus de limite à sa gourmandise visuelle. Il décapite les montagnes, invente des courses poursuites impossibles entre une voiture et une vague immense, fait s’envoler les trains et les paquebots pour mieux les fracasser sur les gratte-ciels. Ecolo dans l’âme, il recycle aussi les rebuts de la conquête spatiale. « J’ai été stupéfait quand la NASA a accepté de nous prêter de véritables combinaisons spatiales. Ils se sont probablement dit que le film allait exister de toute façon, et qu’il valait mieux le soutenir. » lâche Emmerich au magazine Mad Movies.

Dans la ligne de mire de Jules Verne, il sort du musée la vieille navette Endeavour pour un voyage au centre de la Lune. Pour la piloter, il invente une sorte de Space Cow-boy interprété par Patrick Wilson, un as du vol plané néanmoins grillé par sa hiérarchie suite à un incident que le film évoque en préambule. A travers lui, Emmerich va pouvoir déployer son autre étendard thématique qui est celui de la famille décomposée : Brian Harper a dû divorcer après ses déboires avec la NASA, son fils est un jeune délinquant de la route qui passe par la case prison, élevé par un beau-père friqué vendeur de voitures (bon job pour un placement de produit) joué par Michael Peña. Lui-même a eu deux filles avec l’ex-madame Harper. Du côté de chez Jo Fowler, ce n’est pas mieux puisqu’elle est aussi divorcée d’un très haut gradé de l’armée américaine, élève son fils avec l’aide d’une fille au pair chinoise dont elle semble très proche (la Chine est d’ailleurs elle-aussi très proche des investissements liés au film via la société H. Brothers). Quant au pseudo-scientifique qui dévoile le pot-aux-roses via sa chaîne YouTube, il vit évidemment seul, s’occupe de sa vieille mère souffrant d’Alzheimer, et dissimule ses complexes derrière un humour à trois cents. Trois familles éparpillées façon puzzle comme les aime le réalisateur jamais avare de larmes et de bons sentiments quand sonne l’heure de l’Armageddon.

Selon un montage parallèle dont il a fait sa marque de fabrique, il vient percuter ces histoires émiettées sur l’enclume du péril cosmique avec l’espoir secret de voir du chaos émerger un nouvel état de grâce. Comme dans son apocalyptique « 2012 », cette tabula rasa permettra donc aux braves d’avoir la vie sauve là où les vils périront selon le schéma convenu. « En fait, je suis un cinéaste très classique, car je pense qu’il doit toujours y avoir un happy end » commente un Emmerich écolo et techno-sceptique qui, à travers ce genre de spectacle de destruction massive, a dans l’idée de nous préparer au jour d’après. Mais fallait-il pour autant tartiner le scénario de ces énormités complotistes ? Ce qui est sûr, c’est qu’avec « Moonfall », sa fascinante entreprise de démolition planétaire gavée de numérique atteint un paroxysme qui fera, à tout casser, se pâmer quelques alunés.

74 réflexions sur “MOONFALL

    • Emmerich ose tout, c’est aussi pour ça qu’on l’aime (en tout cas, moi, il me fascine depuis longtemps).
      Et le simplisme du scénario, l’ahurissant postulat qui le motive est tellement énorme qu’on finit par adhérer en se disant : et allez, tiens, pourquoi pas… Sauf que, en effet, on ne sait pas trop s’il faut prendre tout cela au pied de la lettre. Bien sûr, Emmerich injecte beaucoup d’humour dans son film (parfois involontaire car, ce qui est singulier aussi chez Emmerich, c’est que l’on rit à contre-temps) et ses héros passent tout de même pour de joyeux guignols (j’aurais pu ajouter cette réplique de Wilson au moment du compte à rebours du décollage de la navette : « 10, 9, 8, on s’en fout, allumage ! »), mais il reste quelque chose d’infiniment suspect à vouloir autant donner raison (jusqu’au sacrifice) à ceux que l’on prend pour des illuminés. Dans cette époque post-Trump, c’est tout de même assez inquiétant, voire dangereux. D’ici à ce que certains voient dans ce film le manifeste d’une vérité qu’on nous aurait cachée depuis toujours…
      Pourtant, quand on observe la personnalité d’Emmerich, on se dit qu’il n’est pas de ce camp-là, voire même plutôt de l’autre côté. Mettons cela sur le compte de la maladresse, qui frise même avec la bêtise. Comme l’avait écrit Michel Audiard : « quand on mettra les cons sur orbite, il aura pas fini de tourner » 😉

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    • Dans sa grande et jouissive entreprise de démolition globale, Emmerich ne pouvait pas s’en tenir à recouvrir la Terre sous les eaux, il lui fallait décrocher la Lune. Rien ne l’arrête.
      En même temps, c’est une suite logique puisqu’il avait emprunté dans « 2012 » l’idée des arches au « Choc des Mondes » de Rudolph Maté qui mettait en scène, dans les années 50, la destruction de la terre par une collision planétaire (idée reprise ensuite par Lars Von Trier dans un film neurasthénique que je ne n’aima pas du tout).
      Quant aux neurones, j’ai l’impression qu’il a commencé par détruire les siens avant de s’en prendre à ceux des spectateurs.

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  1. J’adore regarder le début de ce genre de film. Après, ça me gonfle. Leurs théories à la mord moi l’nœud et leurs histoires d’amour, de retrouvailles, de pardon à la suce moi l’nœud (désolé, pas pu m’en empêcher !). Mais le début c’est souvent jouissif.

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    • Ici, le début ressemble à « Gravity », puis on part effectivement dans les histoires de familles comme les aime Emmerich. Mais si tu veux voir la Terre ecrabouillée sous la Lune, il faut pousser jusqu’à la deuxième moitié.
      Ceci dit, le film fait un peu plus de deux heures, ce qui n’est pas si long au regard des standards du genre qui tournent plutôt autour de 2h30. Et puis, à la fin, on bascule encore dans une autre dimension.
      Par contre, les théories derrière… Je suis d’accord avec toi.

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  2. Salut Prince, je suis d’accord avec toi pour le côté complotiste qui est un vrai soucis au film surtout qu’ils en font un héros dans la résolution final voir – gros spoiler – un martyr. Je regrette aussi que la relation amoureuse entre Halle Berry et sa fille au pair ne soit qu’a peine effleurer, tout ça pour que la Chine ne retire pas ses billes de la production. En revanche ça ne les dérange pas de financer un film réaliser par Emmerich qu’on sait ouvertement gay. Bref, c’est bien navrant de ce côté là. Heureusement il y a toujours le savoir faire du cinéaste en matière d’image, de grosses explosions, de sensations fortes et de personnages réduit a leur plus simple expression mais qu’il parvient a rendre attachant. Grâce a la prestation de ses acteurs ça va sans dire.

    En soi, le fan d’Emmerich que je suis est sorti satisfait de sa projection. Il est clair que Moonfall aurait pu être meilleur et assumé ses partis pris, cependant on sais que le réalisateur n’a jamais été subtile et qu’il privilégie toujours la forme au détriment du fond. Moonfall n’est que la synthèse de son cinéma, un best-of de ce qu’il a fait durant les dernières décennie. Je pourrais presque croire qu’il s’agit de sa lettre d’adieu au cinéma science fictionnelle s’il n’y avait pas cette fin ouverte
    .

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    • Je valide tout ce que tu écris. Et pour prolonger ce que tu écris à la fin de ton post, figure-toi que j’ai lu quelque part qu’il comptait faire de « Moonfall » le premier volet d’une trilogie (d’où cette fameuse fin ouverte). Il faudrait pour cela que les entrées suivent, ce qui ne semble pas être tout à fait le cas pour le moment (je me fie à mon expérience personnelle : nous étions une dizaine dans la grande salle de mon petit cinéma de province).
      Comme le souligne mon titre d’article, je crois qu’il a vraiment une addiction à la catastrophe, et je crois qu’il trouvera toujours les moyens d’en fabriquer d’autres.

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      • Pareil nous n’étions pas beaucoup dans la salle et c’est peut-être pas plus mal qu’il se plante, au vu des quelques problèmes du film. D’autre part j’ai le sentiment qu’il a fait avec Moonfall ce qu’il espérer montrer dans le troisième Independence Day. Une lutte entre deux entités aliens avec l’être humain au milieu du chaos. Resurgence finissais d’ailleurs sur ça. Après je serais beaucoup moins optimiste que toi sur les probabilités de revoir Emmerich continuer a produire des films catastrophes. Non pas par manque d’envie, surtout parce que ses derniers films se sont tous vautrés. 2012 est le dernier petit succès qu’il a produit. Moonfall est en grande partie produit par la Chine et par Emmerich lui-même, ce qui est révélateur de son déclin en tant que cinéaste. Il n’a plus l’aura des années 90 et 2000.

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        • Si le film fonctionne en Chine, ça lui laisse un peu de marge je pense. Mais il semble en effet qu’il soit allé au bout avec ce « Moonfall » en guise de synthèse des éléments qui ont traversé sa filmographie. Je suis loin de les avoir tous vus, mais il m’apparaît rétrospectivement ici des éléments provenant de « Stargate », de « ID4 » bien sûr, et de tous ses films catastrophes.
          Je n’ai pas beaucoup parlé des aliens dans mon commentaire (pour ne pas trop en dévoiler, même si l’entité apparaît dès le préambule), mais avec ce thème, il développe une dimension technophobe en accord avec ses positions écologiques, mais en totale contradiction avec l’abondance numérique qui compose le film. C’est tout le paradoxe d’Emmerich. Je crois qu’on pourrait écrire une thèse sur son œuvre.

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              • Exact et l’autre film qu’il a fait juste après, Joey, reprenais les ingrédients d’ET comme bon nombre de films essayant de surfer sur la mode du moment. Hélas le seul a ce niveau là qui soit resté dans les mémoires est l’épouvantable Mac et moi. Quand a Moon 44 porté par Malcolm McDowell, j’avais acheter le dvd, mais la copie était dans un tel état que je n’ai pas pu continuer.

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              • Je l’ai vu en entier « Moon 44 » : sorte de SF crypto gay qui lorgne un peu sur « Top Gun ». Ce n’est pas très bon mais ça mérite d’être vu quand on connaît Emmerich. J’en avais fait une chronique il y a longtemps. Je me le repasserai un de ces jours histoire d’actualiser ma petite bafouille.

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  3. C’est en effet le roi du grand spectacle. Comme les scènes de destruction globale m’ennuient autant que les courses de voitures, je m’abstiendrai donc pour celui-ci. Je réalise qu’il y a tout un pan du cinéma américain, grosso-modo les blockbusters, que je ne visionne plus depuis des années. Je lis cependant attentivement les articles comme les tiens, espérant y lire l’annonce d’un renouveau du genre. Merci pour cet article!

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    • Chez Emmerich, le grand spectacle de la destruction est une figure de style à part entière. Il n’a pas son pareil pour mettre en scène la destruction du monde (destruction qui, au passage, se fait toujours sans le moindre cadavre à l’écran). Je crois que l’expression « blockbuster » (nom d’une bombe capable de ravager un quartier entier) n’aura jamais autant convenu à un cinéaste.
      Merci pour ton passage.

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  4. Merci beaucoup pour ta chronique, je suis parfaitement d’accord. Tous les opus de ce cinéaste sont pesants, plein de bruit et de fureur (dois-je vraiment citer Shakespeare ici ? Je me le demande). Tout est lourd, si lourd, et si académique. A la croisée de l’ordre allemand et de l’ordre russe, qui sont ses deux ascendances. Et toujours le même schéma, qui était celui d’un des premiers films catastrophe « La tour infernale » (1974), (avec moins de moyens et d’ambitions, ici nous n’allions pas encore convoquer la lune et les étoiles dans notre appétit de destruction, seulement un building), à savoir un fil de récit autour de la catastrophe, avec en deuxième fil un certain nombre d’histoires individuelles qui s’entrecroisent, au niveau d’un film sentimental que Netflix n’aurait pas renié.
    Et ta mention de l’irruption des Chinois fait écho pour moi, le Gouvernement de Pékin ayant affirmé vouloir prendre une part importante dans le marché des blockbusters (après avoir presque anéanti le cinéma d’art et d’essai ici).
    Merci à toi

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    • Ma critique à charge (explosive ?) reste néanmoins bienveillante à l’égard de ce cinéaste assez singulier dans son genre.
      Concernant le financement, Emmerich évoque d’abord le refus des grands studios de financer son film, n’intégrant aucune franchise et sans une once de super-héros patenté lui assurant une once de garantie de rentabilité. Il a donc dû frapper à d’autres portes, notamment celle de Huayi Brothers (qui participa entre autres aux financements des deux premiers Detective Dee et du « Warcraft » de Duncan Jones). Ce en fait une sorte de blockbuster « indépendant » des grandes majors américaines.
      Certes, la balourdise est de mise et les ressorts invoqués sont convenus, mais il y a une forme d’obsession chez ce réalisateur qui consiste à vouloir recoller les morceaux humains sur les cendres d’un monde soumis au chaos, tout en préservant une forme de morale puritaine très anglo-saxonne : en punissant ceux qui se sont mal comportés mais assurant une forme de rédemption à ceux qui font montre de bravoure au service du collectif. A cela s’ajoute une critique antisystème assez populo, je l’avoue (déjà bien présente dans ses précédents films). Mais si le monde entier est ravagé par la catastrophe, ce sont bien des Américains qui vont se charger de nous sauver la mise. Emmerich a depuis longtemps choisi son camp.

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  5. La Terre plate et la Lune creuse, tu en doutais encore ? Avec un tel titre tu t’attendais à quoi ? Et Roland n’a trouvé que Hasbeen Berry et Pratick WindSon à mettre aux commandes… j’en arriverais presque à regretter mon festival Tanaka.
    J’ai bien rigolé.

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  6. On a marché… dans la Lune !
    J’avoue ne pas m’être trop ennuyé devant ce nouveau spectacle de fin du monde du père Emmerich. A condition de ne pas être trop exigeant et de laisser toute vraisemblance de côté. Car si Halle Berry y est promue directrice de la NASA, son jeu la laisse paraitre totalement transparente. Patrick Wilson et John Bradley s’en sortent mieux je trouve. Les théories les plus fantaisistes sur la nature de notre satellite date en effet des origines de la science-fiction (Jules Verne, Méliès…). Et c’est ce qui m’intéresse ici, plus que les correspondances avec les cinglés paranoïaques de notre époque et leur champion milliardaire à perruque orange. Car je pense que dans ce ‘Moonfall’, il y a peut-être un bon film qui se cache derrière tous ces dialogues omniprésents et ce montage parallèle entre la mission des astronautes et les péripéties un peu chiantes de leurs enfants. Le film propose en effets quelques plans d’apocalypse inédits, des visions incroyables qui font appel à notre imaginaire plutôt qu’à notre raison. Des passages proprement surréalistes comme on n’en voit plus trop actuellement sur les grands écrans. Roland Emmerich ose l’incroyable, et pour moi ça fonctionne plus qu’un certain « multivers ».

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    • Justement, il dit que Marvel lui a tout piqué en terme de destruction massive ! Sacré Roland.
      Point d’ennui de mon côté non plus, à condition, comme tu l’écris, de faire siennes les énormités qui s’enchaînent, toutes plus comiques que les autres. Quant au contour des personnage, il n’est que poncifs et balourdises. La pauvre Halle Berry a tellement de charisme une fois promue (au débotté, dans une scène de démission aussi risible que le reste) qu’elle fait finalement fuir toutes les équipes (sauf deux attardés des moniteurs qui se font donner des cours de calculs par le youtuber de service).
      Si on fait fi des théories fumeuses qui font florès de nos jours chez les complotistes plus ou moins (dark) nets, il y a effectivement une forme d’enchantement dans la menace planétaire visuellement assez jouissive. J’ai adoré comme toi ce bombardement de calamités. Comme je l’écrivais plus haut, Emmerich, c’est parfois du Ed Wood les poches pleines de dollars (pas sûr qu’il en récupère beaucoup par contre avec celui-ci).

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  7. Je me suis finalement laissée tenter (influencer ?).
    Mais QUELLE CONNERIE sans nom !!!
    Quand tu parlais de film catastrophique et vision délirante je pensais qu’il y aurait quand même une part de réalisme souvent présent dans ce genre de films !
    Et tu semblais dire, enfin, j’avais cru lire qu’il y avait quand même quelque chose à tirer de ce navet intergalactique.
    Non mais la lune creuse et sa méga structure métallique… Nous étions deux dans la salle et je me suis permise d’éclater de rire.
    Et les montagnes qui s’effondrent et les personnages qui restent debout sans plier les genoux. Les voitures qui volent et atterrissent sans une égratignure. Le manque d’oxygène qui tue et paf, l’oxygène revient. J’en passe et des plus pires.
    Les fronts plissés d’Halle et Patrick sont bien comiques aussi et son mythique : tu viens de mentir à toute l’Amérique !!!
    La prochaine fois, je tâcherai de lire entre les lignes.
    Tu as payé ta place pour voir ça ?
    Je ne te remercie pas.

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    • 😂 De rien, bienvenue chez Emmerich !
      Serait-ce le premier film de lui que tu vois ? Ne savais tu pas combien ses récits peuvent être idiots ? J’avais pourtant bien prévenu de la « gravité » du scénario dans mon article. D’autres ne s’y sont pas laissé Trumper. 😉
      Tu avoueras quand même que c’est plus drôle que lorsque c’est Lars Von Trier qui détruit la Terre. 😁 J’aime aussi beaucoup ce moment quand le général est prêt à déclencher le feu nucléaire vers la Lune (pourquoi faire ? Je n’ ai toujours pas compris) et qui se met à braquer tout l’état major en disant « ma femme est là-bas, je ne peux pas faire ça, c’est elle qui va nous sauver ». C’est Kubrickien ! 🤣
      Plus j’y repense, plus j’aime ces bêtises. Le complotiste est vraiment la touche qui me fait grincer des dents.

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      • J’ai vu Independance Day, Le jour d’après, 2012. Je crois que c’est tout. Et j’avais « bien » aimé avec toutes les réserves que cela implique. Mais là je me suis ENNUYEE. Et je trouve cela inconcevable pour un film cata.
        Et ATTENTION … WARNING… CAUTION… ACHTUNG : on ne TOUCHE PAS à Melancholia. Et Lars a au moins l’honnêteté et le courage de détruire la Terre.
        Et le militaire qui menace toute l’organisation militaire avec son pistolet parce que son ex s’envoie au 7ème ciel avec Patrick…et le chef lui dit : bon ok, on fait comme on vous dit mais faites gaffe si ça marche pas
        Le complotisme est le seul aspect réaliste du film.

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        • Tu avais bien aimé « 2012 » ????
          Je pense qu’en terme de WTF on était déjà à un très haut level. Plafond crevé ici en décrochant la Lune, je le reconnais volontiers.
          Je crois, de toutes façons, que les « critères » d’appréciation des films d’Emmerich dépassent tout esprit rationnel. La grille de lecture doit être bouleversée, adaptée à sa manière très particulière de spectaculariser le monde.

          Je crois que je préfère me reprendre dix Lune dans la figure et décoller dans l’allégresse avec Halle et Pat, plutôt que de déprimer ne serait-ce qu’une minute de plus avec une Kirsten mélancholiaque.

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  8. By now they know Emmerich very well and I appreciate him very much even in his madness. I admit that this film, from the way you described it, is very reminiscent of 2012, at least as far as the degree of total destruction is concerned. Honestly, I hope to find myself in front of a funny film, without too many pretensions, with some nice environmental message (after all Emmerich has always been fond of that theme). We will see, in Italy this film will be released in mid-March.

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  9. Alors là, je ne m’attendais pas à voir un article sur Emmerich ici, ou du moins, aussi rapidement après sa sortie. Tu es fan et a couru le voir en réalité donc ? 😉
    Allez, je te pardonne, car on dira qu’une fois sur 2, avec Emmerich, c’est tellement con que ça en devient fun. Mais juste une fois sur 2, car la fois suivante, il s’enfonce dans la nullité la plus totale, pas fun, bavarde et finalement, jamais satisfaisante (sa suite de ID4, je ne m’en suis pas remis). Mais là, ça a l’air d’être totalement ahurissant que ça en deviendrait fun donc ? Je note dans un coin de ma tête !

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    • Complètement ahurissant, je confirme. Une sorte de medley, d’apothéose, voire de chant du cygne. C’est aussi ce qui m’a motivé. Et puis, comme je l’avais déjà écrit, je suis assez fasciné par cette obsession du nanar de luxe dont il a le secret. C’est très bête, les personnages sont toujours les mêmes archétypes, les situations sont prévisibles, mais il a l’art de manier cela dans un maelström d’images apocalyptiques sidérant. Le pire, c’est qu’il compte partir de là pour se propulser vers une trilogie (d’après ce que j’ai lu). Pas sûr qu’il trouve les ressources si le film se vautrer au box-office.

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      • J’ai vu la bête ce week-end. Alors oui, c’est con, stupide, cliché, on n’a pas le chien à sauver mais il y a un chat (donc 20/20 direct ? haha), mais hautement généreux, je n’ai pas vu le temps passer, et autant le spectacle n’est pas extraordinaire (même si à tout point de vu, meilleur que le second ID et 2012, que j’avais trouvé exécrables eux), autant je n’ai finalement pas vu le temps passer et donc oui, j’ai passé un bon moment !

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        • Tout ce qu’il faut pour se dire « non, là c’est vraiment n’importe quoi » et finalement se dire que Emmerich est un artiste dans son genre.
          Le petit côté complotiste m’a quand sérieusement chagriné quand même.

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          • De par son côté complotiste, le film est totalement dans l’ère du temps. Mais vu le temps que ça prend de lancer une production de ce genre (minimum un an pour la post production, 3 mois de tournage, et parfois une préproduction s’étalant sur des années pour les plus malchanceux), tout cela a été un gros hasard. Mais complotiste ou simple scientifique fou, finalement le personnage n’est que l’archétype de base que l’on retrouve dans quasiment tous les films d’Emmerich.
            Tout ça, ça me donne presque envie de revoir le peu de films que j’ai de lui (donc, euh, UNIVERSAL SOLDIER 1, INDEPENDENCE DAY 1 et je crois avoir LE JOUR D’APRES quelque part en dvd).

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            • Mouais… je ne suis pas sûr de cautionner un script qui renverse toutes les théories scientifiques pour valider une thèse ahurissante avec derrière la tête l’idée que l’on nous ment depuis toujours sur la vérité des choses. Le fait qu’il apparaisse comme un doux dingue sympathique m’inquiète d’ailleurs même plus.
              Emmerich a d’ailleurs je crois prévu de prolonger ce film par au moins un autre. Pas sûr qu’il y parvienne vu le four au box-office.

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              • Oh aprés je ne dis pas que ce qu’il fait c’est bien ou pas hein. Mais bon, il l’a fait, c’est là sur l’écran… pour le box office, attendons d’avoir les chiffres de la Chine où il devait sortir fin Mars. Le film ayant été majoritairement financé par la Chine, s’il cartonne, suite !

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