JOKER

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« — Ce que je viens faire ici ? Je viens être terrible. Je suis un monstre, dites-vous. Non, je suis le peuple. Je suis une exception ? Non, je suis tout le monde. L’exception, c’est vous. Vous êtes la chimère, et je suis la réalité. Je suis l’Homme. Je suis l’effrayant Homme qui Rit. Qui rit de quoi ? De vous. De lui. De tout. Qu’est-ce que son rire ? Votre crime, et son supplice. Ce crime, il vous le jette à la face ; ce supplice, il vous le crache au visage. Je ris, cela veut dire : Je pleure. »

Victor Hugo, L’homme qui rit, Livre Huitième « le Capitole et son voisinage », 1869.

On a souvent tendance à croire que sous le maquillage d’un clown se dissimule un type qui ne manque pas d’air, un gars hilarant. La bonne blague. C’est en général le contraire. Le rire est une libération qui explose parfois de manière agressive, l’expression cathartique d’une époque qui n’est pas franchement à la rigolade. Comique, Todd Phillips l’a été, de « Very bad trip » en « Starsky & Hutch ». Comme parvenu à « Date Limite », son rire s’étrangle soudain dans celui du « Joker », célèbre fanfaron du crime des BD de Batman changé ici en sociopathe beaucoup moins drôle.

Joaquin Phoenix n’a jamais réellement eu le loisir d’interpréter un personnage tout à fait sain d’esprit, un de ces types solides, raisonnables et affables qui prennent souvent toute la place sur l’affiche. Qu’il soit un folksinger habillé de noir ou bien un « frère Sisters » plus à l’ouest encore, il apparaît à chaque fois tourmenté, toujours une case en moins. Naguère empereur romain parano aux propensions cruelles, on l’a connu adepte des jeux du cirque. Désormais au cœur de l’arène, il est seul en scène, « homme irrationnel » tel que défini par un autre amateur de stand-up. Dans la peau d’Arthur Fleck, Phoenix est un autre inadapté, né du mauvais côté de la barrière, souffrant d’un trouble compulsif qui lui complique sérieusement la vie. Un Joker pour Joaquin, la carte était prédestinée. Il en devient démentiel. Tout en douleur rentrée, en contention de désillusions, il ne sait que rire à contretemps, quand ce n’est pas à contrecœur.

Fleck habite seul avec maman, dans un très vieil appartement, en plein Gotham. Il pleure comme il rit (si, maman si, maman si tu voyais sa vie…), il est la victime désignée, le bouc-émissaire de rigueur, le souffre-douleur d’un monde individualiste qui n’a pour lui pas beaucoup de considération. Toute ressemblance avec une société réellement existante n’est sûrement pas due au hasard. Le Joker vu par Phillips est une tache de couleur qui jure dans la conscience du spectateur, qui gesticule et brasse toutes sortes d’idées noires. Avec ses cheveux verts, ses grandes savates, son masque blanc et son sourire forcé, il est un pantin balloté, un guignol à retardement qui va bientôt tout envoyer valser. « Rock’n’Roll » grognent les guitares Glitter du pervers Gary. Punk is not dead.

« Are you laughing at me ? ». Non, « fini de rire » semble nous dire Todd Phillips qui depuis deux films se paie une sacré gueule de bois, affiche la tête des lendemains qui déchantent. A tous les héros DC pas très comiques drapés dans leur cape de noblesse, il préfère la figure du méchant qui est bien plus marrant. Dans les cases, il préfère entrer de biais, par le prisme du réalisme, sans se soucier de toute cohérence avec les origines admises du personnage. On efface tout et on recommence, « tout doit disparaître » dit la pancarte qu’Arthur brandit sur le trottoir dans son habit de clown. Enfin, pas tout à fait…

On décèle ici et là quelques égards respectueux aux célèbres prédécesseurs. Dans son costume coloré, avec sa chevelure filasse et son maquillage dégoulinant, on pense évidemment à Heath Ledger faisant tourner le « Dark Knight » en bourrique dans le film de Nolan. « Il n’a pas d’égal. Je vais honorer sa mémoire. Sur le tournage, c’était comme s’il était à mes côtés. Je t’aime Heath, mon ami et mon frère. Tu me manques. » a déclaré le Phoenix qui, de toute évidence, est bien le seul à avoir le pouvoir de le faire renaître de ses cendres. Une salle de bain plus tard, c’est le Nicholson de « Shining » plus que celui de Burton qui remonte à la surface, manière habile pour Todd Phillips de saluer à sa façon un autre Joker mémorable. Mais faute d’antagoniste capé et masqué, on ne trouvera pas le moindre fantastique jouet à marchander ici, pas le moindre produit dérivé à fourguer à la sortie de salle. C’est comme si Phillips se payait la tête de l’industrie du divertissement, un pied de nez aux décideurs de la Warner, une provocation à l’intention de tous les Bruce Wayne aux poches pleines qui attendent plus qu’un retour sur investissement.

S’il ne fait pas commerce, le Joker ne fait pas davantage de politique, c’est tout au moins ce qu’il affirme à l’écran à l’instar de son réalisateur dans ses déclarations. Il est pourtant, quoiqu’il en dise, l’expression grimaçante et anarchique d’un contexte social qui nous est familier, le miroir des turpitudes infligées aux plus démunis, aux déclassés qui peinent à trouver la place qui leur revient, à se fixer une identité. Le Joker de Todd Phillips est un rebut, un « devil’s reject » en quête de célébrité, un Travis Bickle qui se rêve « King of Comedy » dans une époque où De Niro est rangé des Late Show. Au plein de Scorsese qui vient imbiber les images, il rallie le trublion Chaplin à son panache (par le biais d’une citation explicite), ajoute même quelques gouttes de Friedkin en se payant un tête à tête avec le monstre qui n’attend qu’une étincelle de folie collective pour embraser qui vous voudrez.

Au gré d’une mise en scène hypnotique, d’un récit tout en redondances et contorsions qui n’a de cesse de repousser l’inéluctable, Phillips progresse sur une corde tendancieuse, celle qui nous emmène au-delà du point limite. Le drame l’emportant sur le rire, le film en perd sa camisole . En choisissant le point de vue du maniaque (façon William Lustig), Phillips installe le malaise, rend complice le spectateur de cet hallali des plus riches. Le Joker sème le trouble car il est ontologiquement troublant. Et s’il se défausse par une pirouette finale un peu lâche (« you were never really here » se disait un autre film psychotique avec Phoenix), le final on ne peut plus brutal a tout de même vocation à secouer les consciences, quitte à susciter l’indignation.

Le jury de Venise, sans doute d’humeur provoc, l’a perçu davantage comme un rugissement digne de son fameux Lion d’or (tandis qu’il refilait la seconde place à « J’accuse » de Polanski, autre mouvement d’humeur). Vaste blague de mauvais goût ou tragicomédie humaine, chacun appréciera selon ses penchants. Loin de toute délibération morale, ce diable de Joker, dans cette peau ou dans une autre, prépare sans doute déjà son prochain vilain coup.

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85 réflexions sur “JOKER

    • Je n’ai pas su trancher, et je ne peux m’y résoudre tant le film me poursuit encore plusieurs jours après visionnage.
      Pourtant, il faut le reconnaître, il est problématique, et je comprends qu’il puisse apparaître désagréable de par sa forme convulsive et grimacière.

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    • Phoenix est l’acteur parfait pour cette version du rôle, qui passe de la désillusion à la démence pure en une sorte de métamorphose mentale et corporelle. J’imagine qu’une telle performance lui vaudra à coup sur l’Oscar.
      Le film perturbé en effet, remue à différents niveaux, positivement ou négativement.
      Ravi d’échanger avec vous et de partager cette expérience de cinéma. A bientôt.

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    • Je l’aime également beaucoup. Il donne à la version de Burton une fantaisie jubilatoire, bien plus subtile qu’il n’en a l’air.
      Ce qui est fascinant chez ce personnage, c’est sa plasticité au service des visions d’auteur. Les film peuvent être de qualités variables, à chaque fois le Joker offre un visage différent, une singularité propre. C’est dire la richesse du matériau imaginé dans les comics.

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    • Tel le Joker, je me refuse à ne livrer qu’une seule interprétation, un ressenti univoque. 🃏
      Blague à part, je reconnais la puissance d’exécution, la tonalité hors-norme et le parti-pris d’auteur, sans parler de l’extraordinaire incarnation par Phoenix. Mais je ne peux me résoudre à en embrasser pleinement le propos, à suivre ce Joker jusque dans son chaos. Phillips explique en effet qu’on ne peut le suivre jusqu’au bout de son délire, que l’empathie s’effondre forcément à un certain moment. Reste que la ligne de démarcation n’est pas si nette et varie selon les individus.
      Cette somme d’éléments rend le film passionnant quoiqu’il arrive.

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  1. Je suis comme toi. Je peine à trancher. Le réalisateur a signé le scénario le bougre et je n’attendais pas du tout de sa part quelque chose de cet ordre (politique quoi qu’il en dise). Le film est vulgaire mais il malaxe tellement sa matière qu’il en ressort quelque chose d’inattendu, un malaise. Et puis le vulgaire après tout, pour rejoindre ton Hugo liminaire, c’est le peuple.

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    • S’il s’inspire largement du Joker selon Moore, passé à la moulinette de la « killing joke », il m’a semblé également qu’aucun des traitements précédents au cinéma n’a été si proche de l’inspiration originelle du personnage, à savoir « l’homme qui rit » de Hugo. Ainsi devrait on aussi rapprocher la prestation de Phoenix de celle de Conrad Veidt dans le rôle de Gwynplaine. La quête de reconnaissance de la part d’un être qui n’a pas d’identité claire, qui se change en une incarnation collective (force est de constater que la mise de Phillips prend en compte avec brio tous ces paramètres) est tout de même un sujet passionnant.

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      • La recherche de reconnaissance mais pas la célébrité. S’il cherche à être reconnu c’est pour exister, être aimé. Le miséreux (dans tous les sens du terme et tous les aspects possibles) veut être vu et considéré par celui chargé de le protéger, le patron, l’homme politique, l’Etat, le père. Toute la question du film en rapport avec le père est me semble-t-il bonne à creuser (cela me fait penser au paternalisme industriel très XIXe).

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        • Complètement, on est vraiment face à un crucial sujet social et politique. Si le personnage du Joker convoque une somme d’afflictions assez phénoménale (même l’origine fictive du personnage le permet, c’est bien l’astuce), la négation sociale dont il est l’objet interpelle. Sa dérives, et ses conséquences (cette insurrection clownesque et anonyme) également. On est effectivement dans cette optique paternaliste industrielle appliquée aujourd’hui au politique, portée par une défiance devenue systémique.

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  2. Comme souvent on ressent le ptête ben qu’oui, ptête bien qu’non… mais je penche pour le ptête ben qu’oui.
    Ce n’est pas ce qu’on appelle un film aimable mais c’est justement ce qui en fait un grand film je trouve.
    Et Joaquin… les mots me manquent.

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    • Je savais que je pouvais compter sur ta perspicacité et ton esprit de synthèse pour me percer à jour. Tu es un peu mon Batman (je ne te fais pas l’offense de la Batgirl au prétexte du féminisme, j’ai toujours trouvé le personnage complètement potiche)
      Un film peu aimable mais effectivement un grand film, tu as tout dit.
      Hey Jo, where are going with that gun in your hand? 😉

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  3. Ton explication à Galaté San est presque de trop – selon moi c’est parfaitement clair dans cette vue sur le film que tu es tiraillé tout en « rendant gorge » à une puissance indéniable. Les deux dernières phrases de ton formidable article (bravo pour les références) sont claires et inéquivoques. Ma vision du film est « in between » tendance « pour » imprégnée toutefois (au vu aussi des manifs explosifs au Chili, Ecuador, Catalogne…..) de questionnements craintifs…..

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    • Ah les références… De Hugo à France Gall, j’avoue que j’ai fait le grand écart. 😉
      Ton com me permet d’ajouter une voix favorable aux intentions de Phillips qui sont d’abord, je crois, de montrer comment le système actuel produit son propre cancer insurrectionnel. Sans doute sa représentation du « riche politicien » est-elle très largement contestable, mais elle frappe les esprits et entre en concordance avec cette représentation née dans les années 80, époque où Phillips situe son film. Le Joker est un Anonymous, un électron libre qui soulève les masses, c’est V pour Vendetta, une fois encore on rejoint Alan Moore.
      La question du point de vue néanmoins reste perturbante, et c’est en cela que je le rapproche de « Maniac » de Lustig. Ce type est flippant mais on s’apitoie. Mais jusqu’où cautionner ? Surtout que ses meurtres directs prennent pour cible ceux qui sont montrés comme peu sympathiques. S’il avait tué sa voisine de palier, les choses auraient été plus nettes sans doute sur sa folie meurtrière (comme dans « Maniac »). Il ne frappe pas au hasard, il se fait justice (comme Batman). Problématique tout ça.

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  4. Batgirl, « ça » existe ?

    Moi j’ai le cerveau lent… comme pour Once upon… il m’a fallu 2 visions pour trancher. A la seconde, toutes mes réserves, injustifiées, se sont envolées.

    I’m goin down to shoot my old lady…

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  5. Un beau film qui fait du bien au coeur par les temps qui courent. :-)) Vous avez peur du monde dans lequel nous vivons ? En voici le reflet à peine déformé ! Bien joué Todd et Joaquin, votre drame social et psychologique en lieu et place d’un film de super-héros est un kidnapping artistique magistral.
    JOKER est pour moi le meilleur film vu cette année (la fin d’année n’annonce aucune concurrence du même niveau) avec le Tarantino. Aussi différents l’un que l’autre, deux parfaits opposés : à la nostalgie d’une époque pour l’un répond la noirceur du présent chez l’autre. Deux façons de s’emparer d’un genre pour le réinventer tout en lui rendant hommage.
    Bon article et j’ai bien aimé ta citation de Hugo en ouverture. Après l’Homme qui Rit, la semaine prochaine j’envisage d’écrire un article sur sa soeur : la célèbre Vache qui Rit. Consternant ? Bon je sors. Désolé.
    🙂

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    • J’aimerais bien, mais j’ai déjà du mal à écrire sur un film, alors sur l’œuvre complète d’un cinéaste tel que Kubrick… Par contre j’ai à disposition sur le Tour d’Ecran un article sur « Full Metal Jacket » et un autre sur « les Sentiers de la Gloire », si le cœur vous en dit. 😉

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  6. Voilà une bien belle plume qui donne envie de danser avec le diable au clair de lune… Quant au film, il est tout simplement magistral, puissant dans son ambivalence et ce qu’il fait ressentir au spectateur; et je ne parle même pas du caractère foncièrement subversif de l’entreprise (un miracle)… Joker ? Le Taxi Driver de notre temps, ni plus ni moins.

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  7. Dans l’ensemble, j’ai plutôt apprécié le film dans le sens où il sait troubler le spectateur. Je crois que sa force réside dans le fait de créer du malaise dans le rire et vice-versa. On doit aussi beaucoup à l’interprétation de Phoenix que j’ai trouvé phénoménal et imprévisible. Hélas, le film n’est pas imprévisible en revanche, avec un côté ado qui peut être gênant, ce qui l’empêche d’être le chef-d’oeuvre annoncé (et je suis encore étonnée par ce Lion d’or… était-ce pour contrer le Polanski ?)

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  8. Pingback: Rire, une malédiction (Joker, Todd Philips) – Pamolico : critiques, cinéma et littérature

  9. Plus les jours passent, moins j’aime cette version du Joker. Joaquin Phoenix est un très grand acteur, il joue extrêmement bien mais pas un joker, pas LE joker, être dément et intelligent, qui ne subie pas l’action. Hors on ne voit rien de ça dans le film de cet étrange Todd… Le joker y est stupide, subie, n’est aucunement anarchiste,.. Excellente chronique, comme toujours

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    • Merci.
      Ce n’est pas ton Joker, mais c’est un Joker. Il aurait d’ailleurs pu être totalement détaché de l’univers référentiel de Bob Kane. Gotham, la famille Wayne, ne sont que des marques qui permettent sans doute de mieux vendre le film aujourd’hui, la culture comics ayant envahi le monde, touchant plusieurs générations.
      Je ne sais pas si on peut qualifier Fleck de stupide. C’est juste un pauvre type au passé lourd, brutal et obscur. Toi qui as vu « Maniac » (au moins le remake, je le sais car je l’ai vu dans ta liste 😉), ne trouves tu pas que Phillips aborde le personnage de la même manière ? Zito et Fleck partagent une enfance traumatique auprès d’une mère toxique, un profil inspiré de Norman Bates et de serial killers ayant réellement vécu. Ils évoluent différemment certes, mais surtout, le réalisateur choisit de les montrer en proie aux avanies de la société, de partager leur souffrance, leur détresse mais aussi d’accompagner leur geste criminel, presque en la justifiant dans le cas de Joker, ce qui est plus problématique.
      Je te l’accorde, on n’est ici plus franchement dans le domaine du comics.

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      • La mère destructrice oui c’est une thématique intéressante, mais je suis peut-être trop attachée à l’oeuvre papier. En tant que film à part, c’est un film réellement excellent, mais si on parle d’adaptation alors là c’est raté. Pour ce qui est de justifier la criminalité, ça ne me pose pas problème, à part dans ce film où il y a quelques non sens, notamment sur le fait que c’est sa folie qui déclenche sa violence, pas une véritable envie anarchiste, ce qui m’aurait bien plu.

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        • Tu aurais donc une âme d’insurgée ? 😉
          Je crois qu’il faut, avec ce film, laisser le personnage papier de côté, même s’il s’en empreigne à bien des égards en piochant des idées dans « The killing joke » ou le « dark knight » de Miller et sa critique au vitriol de l infotainment. Je crois au contraire que Joker est un miroir effrayant de ce que le système actuel produit de plus dangereux, une sorte de héros anonyme qu’une foule animée d’une colère irréfléchie et incontrôlée se choisit comme emblème. Et on rejoint V pour Vendetta.

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  10. J’ai trouvé le film bien fait (avec un certain opportunisme commercial surfant sur les années Trump), mais j’ai eu l’impression d’en voir les rouages, donc je suis resté un peu à distance. Cela dit, la dernière séquence dans la rue possède un indéniable pouvoir d’évocation. Joaquin Phoenix est formidable une fois de plus. Il donne l’impression qu’il y a deux acteurs. Plus de détails dans ma critique sur Newstrum.

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  11. Une belle chronique et des commentaires non moins intéressants à découvrir. Le film a marqué les esprits, c’était son but. Joaquin Phoenix y est incroyable. Todd Philipps a humanisé le Joker en remontant aux sources de sa colère, de sa folie.. Cet homme qui voulait être comique et qui finira criminel.. on en connaît des artistes ratés qui auraient mieux fais d’écrire ou de peindre plutôt que de devenir des monstres. Joker est un film sur la folie, la psychose et je l’ai d’ailleurs trouvé très réaliste dans sa façon d’aborder cette thématique. A mon sens c’est un chef d’œuvre qui remue, secoue, agite les idées, nourri les débats. Je suis prêt à parier que Joaquin Phoenix n’aura pas l’oscar pour la raison suivante : le film dérange et son message est trouble à l’image de notre société. A Venise, il n’a pas remporté le prix du meilleur acteur.. Je serais ravi qu’il l’obtienne car j’adore cet acteur mais je n’y crois pas. La polémique autour de la violence du film me fais doucement sourire. Philipps n’invente rien, il n’y a qu’à voir la télévision ou écouter la radio. Bravo à Phoenix et Philipps pour ce moment de cinéma qui restera, pour ma part, gravé.

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    • J’ai souvenir d’un petit Autrichien qui a commencé par peindre avant de devenir un tueur de masse. Il n’avait pas beaucoup d’humour (enfin tout dépend du public). 😉
      Joker n’est pas plus violent que certains autres drames criminels, ce qui interroge c’est véritablement le statut du personnage dans le film. Malgré tout je crois à l’Oscar, le film s’inscrivant dans la ligne anti-Trump plutôt en vogue à l’Académie. Et vu le retentissement du film…
      Cela n’enlève rien à la prestation, à sa qualité remarquable, bien au contraire.

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  12. Pingback: [Rétrospective 2019/10] Le tableau étoilé des films d’Octobre par la #TeamTopMensuel – Les nuits du chasseur de films

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