DUNE (2021)

Rêve de sable

« Si l’on accepte le cinéma comme une passerelle entre le monde des songes et la réalité, et que ce rêve éveillé que propose l’adaptation de « Dune » s’inspire du roman et des trajectoires que nous avons collectivement empruntées, comme Frank Herbert, je ne peux qu’anticiper avec crainte les violences qu’inspirera une nature finalement acculée au pied du mur. De toute évidence, si nous ne modifions pas notre trajectoire, comme Paul Atréides, il nous faudra apprendre à nager dans des eaux étranges. »

Denis Villeneuve, préface de « Dune » de Frank Herbert, Robert Laffont, 2021.

« Tell me of your homeworld, Usul »

Chani in « Dune » de David Lynch, 1984.

Sous le sable ondulant du désert, nul ne sait la teneur du péril qui nous guette. Observant les effets des sables conquérants de l’Oregon, l’écrivain Frank Herbert avait préféré diriger sa plume vers un ciel rempli d’étoiles. De son regard perçant, il a entrevu un futur, celui d’une humanité déchirée par des enjeux de pouvoir, des ambitions galopantes, mais aussi l’espoir d’un réveil salvateur sur une planète asséchée de toute part. Le jeune Denis Villeneuve s’est saisi de ce rêve inscrit dans une Bible orange, il s’en est fait le film dans sa tête. Après des décennies de campagnes hallucinogènes, de conquêtes avortées, de voyages immobiles, de calendriers contrariés, le soleil se lève enfin sur Arrakis, l’ombre immense de « Dune » enfin nous submerge. Lire la suite

Star Wars : l’ASCENSION de SKYWALKER

Quo Vador ?

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« Ce que j’aimais dans Star Wars quand j’étais gamin, c’était les héros improbables : tu n’es rien, insignifiant, tu pars dans l’espace et tu découvres que tu vaux quelque chose, tu rencontres d’autres personnages, des amis loyaux, une nouvelle famille,… »

Jeffrey Jacob Abrams, in Première n°502, décembre 2019.

« Ceux qui errent ne sont pas toujours perdus. »

J.R.R. Tolkien

Aussi loin que nos yeux peuvent sonder les tréfonds de l’univers, nombreuses brillent encore les étoiles. Cette guerre entamée il y a maintenant plus de quarante années par George Lucas ne prendra-t-elle donc jamais fin ? Un nouveau triptyque s’achève néanmoins avec ce « Star Wars, épisode IX : l’ascension de Skywalker », marquant le retour de J.J. Abrams aux commandes du vaisseau amiral de la maison Disney. Alors que le voyage touche à sa fin, celui à qui on avait confié la tâche de réveiller la saga endormie doit désormais prendre la relève des « derniers Jedi », réparer les robots cassés, et proposer une conclusion épique à la hauteur du culte stellaire.

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INSIDE LLEWYN DAVIS

No direction home

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« He was a friend of mine
He was a friend of mine
Never had no money
To pay for his fine
He was a friend of mine »    Traditionnel

Dans l’effervescence du prix remporté par « La vie d’Adèle » à Cannes en 2013, on en aurait presque oublié le Grand Prix du Jury décerné aux familiers du festival : Joel et Ethan Coen. Après leur adaptation à succès du « True Grit » de Charles Portis, les frangins repartaient dans une autre direction, plus intime, plus sépulcrale aussi. On les retrouvait « Inside Llewyn Davis », sur les traces d’un chanteur folk emporté dans une sorte de spirale infernale. Lire la suite

Star Wars : les DERNIERS JEDI

Balance ton Porg

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« Luke, quand je ne serai plus, le dernier des Jedi tu seras. »

Yoda, Star Wars épisode VI : Le retour du Jedi, 1983

L’univers est en expansion. Celui de la saga Star Wars également. A mesure que les galaxies lointaines très lointaines s’éloignent de nous à des vitesses exponentiellement vertigineuses, les films eux affluent de plus en plus régulièrement dans nos salles obscures, telles des comètes périodiques dont on attend les plus merveilleux présages. Captain Kathleen Kennedy, gardienne du temple lucassien hébergé désormais au sein de la maison Disney, a tendu le sabre laser au padawan Rian Johnson avec pour mission de nous offrir en cette fin d’année un « Star Wars épisode VIII : Les derniers Jedi » plus épique et plus palpitant encore que le précédent. Alors, bonnes ou mauvaises sont les nouvelles des étoiles ? Lire la suite

DRIVE

Scorpio rising

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Un journaliste de Libération, Olivier Séguret, trouvait quelque chose de « Cronenbergien » dans « Drive » de Nicolas Winding Refn, notamment « dans son maniement de la violence ». Il y a un peu de ça et bien d’autres choses dans les replis de ce film séduisant, appliqué, et plutôt classieux. Lire la suite